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La mort Version imprimable Suggérer par mail
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La mort
page 4

Nous vous imaginons perplexes face à un tel discours.
Il est vrai, les problématiques posées par la "finalité" de la vie terrestre et le "réalisme", ou non, d'une vie post-mortem, demeurent parmi les pierres d’achoppement majeures des philosophes et des théologiens.
Et cependant,
est-il raisonnable de croire que nous avons atteint l’exceptionnel niveau d’intelligence du monde qui nous caractérise, uniquement pour que durant quelques micro-moments dans l’histoire à jamais inachevée de l'univers, nous puissions coloniser la terre et améliorer nos conditions de vie matérielle ?
Sans nul doute, non.

Leibniz pressentait déjà que "rien n’est sans raison" (nihil est sine ratione) et Spinoza parlait de "l’intelligence de la nécessité.

Aujourd’hui aussi,

"....de nombreuses interrogations s’élèvent parmi les hommes : quels sont le sens et la valeur de cette laborieuse activité ? Quel usage faire de toutes ces richesses ? Quelle est la fin de ces efforts, individuels et collectifs ? L’Eglise, gardienne du dépôt de la Parole divine, où elle puise les principes de l’ordre religieux et moral, n’a pas toujours, pour autant, une réponse immédiate à chacune de ces questions." (cf. Vatican II – L’Église dans le monde de ce temps - Chapitre III, 33).

N’est-il pas également absurde de penser que l’univers existe, de toute éternité et dans son incommensurable étendue, uniquement pour que quelques dizaines de milliards d’hommes sur la seule planète terre, aient pu, puissent, adorer Dieu, voire mourir pour Lui ?

Compte tenu des incessantes activités de création qui se déroulent au tréfonds de nos cellules, dans le domaine quantique, fondement du réel,
n’est-il pas plus raisonnable de croire que nous participons, à notre insu, à la conduite de la dynamique universelle ?

Et à propos de la pérennité, après la mort, de certains caractères de notre identité spirituelle, souvenons-nous de Platon sensible au domaine des idées et des formes éternelles.
Hélas, bien que reprise et développée par un profond et exceptionnel mystique : Plotin, cette ouverture sur la "transcendance" et l’"intemporalité", fut rapidement délaissée ; les théologiens monothéistes se contentèrent de sacraliser des histoires simples transmises de générations en générations et rapportées par la bible ; songez à Adam, Eve et le paradis terrestre, ..., Moïse sauvé des eaux, …

Reprenons donc hardiment le flambeau plotinien (néoplatonicien) et interrogeons-nous sans a priori :
notre identité spirituelle, notre âme, n’est-elle pas le réceptacle d’expériences pérennisées à jamais parce que nécessaires à l'entité créatrice divine (au "Divin") de toute éternité en charge de l'univers ?
Nous en sommes convaincus et de ce fait croyons en une (en la) vie spirituelle post-mortem.

D’autre part, certes la divinisation de l’homme vient de Dieu,
de Dieu postulé par nécessité et dont nous ne savons rien,
mais alors,
qu’en est-il de ce "Divin" contraint, en nous, d’œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage, et ainsi, qui est paradoxalement non-omnipotent ?, 
pour quel dessein ? 

Vaste programme pour les théologiens du troisième millénaire !


Paul  Moyne



 
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