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Le temps et les durées Version imprimable Suggérer par mail
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Le temps et les durées
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                                              Le temps et les durées, 
                                                         l’instant, 
                                            l’intemporel et l’éternité




Ce n'est pas parce que les états des énergies et de la matière manifestent tous, naissance et mort, que la nature (l'essence) des durées (du temps), eut un commencement et qu'elle aura une fin.

Bien que mesurable et pouvant être représenté par des symboles, le temps n'a aucune réalité physique ; les penseurs l'admettent tous.
Exprimé différemment, hors du "sensible" la notion de temps perd toute signification et ne laisse place qu'à une "potentialité" (une virtualité) sans dimension.
Néanmoins, l'empreinte de la temporalité demeure intimement associée à la réalité comme  l'est le sens.
Dès lors, qu'en est-il de la nature des durées, ces intervalles qui ne sont pas de l'espace,
que dire des laps de temps qui permettent d’intégrer les évolutions du réel, dans des chronologies rigoureuses ?

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"Les transformations de Lorentz pour le temps et les coordonnées de l’espace sont valables pour le passage d’un système d’inertie à l’autre. Tout le contenu de la relativité restreinte est enfermé dans ce postulat : les lois de la nature sont invariantes relativement aux transformations de Lorentz .... 
Le continuum à quatre dimensions (l’espace-temps) ne se divise plus objectivement en coupes qui contiennent tous les évènements simultanés ; le maintenant perd pour le monde qui s’étend dans l’espace sa signification objective. De là vient qu’on est obligé de concevoir objectivement l’espace et le temps comme un continuum à quatre dimensions indissolubles si l’on veut exprimer le contenu des relations objectives sans avoir recours à des procédés arbitraires et conventionnels superflus." (cf. Einstein - La théorie de la relativité restreinte et générale).

En d'autre termes, la connaissance (la formalisation) des phénomènes qui constituent un évènement, n'est pas indépendante du choix du système d'inertie, en outre :

"L'interprétation probabiliste, au moins dans son état actuel, fait jouer au temps un rôle particulier brisant ainsi la symétrie relativiste des quatre variables d'espace et lorsqu'on l'introduit en théorie de Dirac, on y introduit en même temps cette absence de symétrie.
En d'autres termes, tant que l'on regarde la théorie de Dirac comme une forme analytique vide de sens physique, elle peut être considérée comme en accord avec la relativité, mais dès que l'on veut en tirer des prévisions vérifiables expérimentalement, il faut se servir des fonctions d'onde pour définir les valeurs possibles des grandeurs observables et leurs probabilités respectives et cela ne peut se faire actuellement d'une manière qui ne fasse pas jouer au temps un rôle privilégié,...,
 nous pouvons dire que cette difficulté parait à l'examen se rattacher à des causes profondes telles que l'existence d'un sens privilégié pour la variable temps et la persistance des unités physiques dans le temps..." (cf. L. de Broglie - Matière et Lumière 1937).

Ces points de vue soulignent ainsi, avec force, combien, préalablement à toute quête de l’essentiel, il est impératif de s'accorder sur la compréhension du temps.

Par exemple, si le temps est considéré comme une mystérieuse entité qui s'écoule,
ou comme un ensemble d'entre-deux (de durées) qui ne sont pas de l'espace et donc, qui sont appréhendés par un opérateur qui les transcende,
l'univers peut apparaître, respectivement,
soit comme ayant eu un commencement (encore que !),
soit, comme nous le croyons, préexistant de toute éternité.

Faits remarquables,
- l'espace a la propriété de contenir les états du réel selon trois axes que nous distinguons a priori, trois axes privilégiés qui permettent de spécifier les dimensions ; tous les êtres d'ailleurs, reconnaissent, à leur manière, ce que nous appelons la longueur, la largeur et la hauteur.
- les repères temporels sont appréhendés grâce à des facultés qui permettent à tout être, plus exactement à l’entité créatrice qui anime tout être, d'estimer des entre-deux non spatiaux : les durées,
et ce, suivant des processus innés, ou innés et conscients chez l'homme.
En outre, constat indubitable : l'espace et le temps ne comportent aucune discontinuité.
Nous les "fracturons" néanmoins, en évoluant dans l’espace-temps.
Argumentons.

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Souvenons-nous :

-  Platon  (-427, -348) ne pouvait dissocier le temps du Cosmos.
Le ciel (l’espace) et le temps lui paraissaient des éléments issus d'un chaos universel où les choses étaient supposées évoluer de manière désordonnée.
Il semble même, qu'il ait imaginé un état originel du temps partant du fait que tout ce qui est sensible a un commencement et qu'il existe toujours une relation générale de succession, un lien entre l'avant et l'après de l'état des choses et des évènements.
Cependant Platon n'a jamais considéré ce lien comme "du temps" car il lui paraissait globalement trop aléatoire.

-  Aristote (-384, -322) imaginait le mouvement comme le substrat du temps :

"... s'il nous arrive de ne pas penser qu'il s'écoule du temps, c'est quand nous ne déterminons aucun changement et que l'âme parait durer dans un état unique et indivisible, puisque au contraire, c'est en pensant et déterminant que nous disons qu'il s'est passé du temps, on voit qu'il n'y a pas de temps sans mouvement. Il est donc clair que le temps n'est ni le mouvement, ni sans le mouvement."

Pourquoi, le temps n'est-il ni le mouvement ni sans le mouvement ?
Comment est-il associé aux états des êtres, des objets et des évènements ?
N'est-ce point par une relation d'implication ?
En quoi le temps influence-t-il l'appréciation des sensations ?; les durées trop courtes ne laissent-elles pas l'amer goût de l'insatisfaction, trop longues ne conduisent-elles pas à la monotonie, voire à l'ennui ?

-  St Augustin (354, 430) voyait dans le temps une distension de l'âme appréhendée par l'Esprit, qui aide à mesurer le passé par le souvenir, et le futur par l'attente.
Ce qui est long dans l'avenir ce n'est pas l'avenir en soi puisqu'il n'existe pas mais la longue attente que l'on en a ; de même, un long passé est un long souvenir du passé.

- Durant le Moyen Age la différentiation aristotélicienne du temps et de l'espace fut unanimement admise.
La mesure du temps, nombre du mouvement, était censée relever de l'âme, alors que la perception de l'espace était reconnue dépendre du corps.

Au XVIIe siècle cette vision fut remise en question par les scientifiques, convaincus que le réel pouvait être "mathématisé".

-  Newton (1642, 1727), affirmant avec raison qu'il faut un moyen unique pour mesurer les distances et les durées, imagine le temps comme indépendant de toute représentation symbolique.
L'ayant postulé "couler" uniformément, il vit dans celui-ci l'ordre de la succession et dans l'espace l'ordre de la situation.

-  Liebnitz (1646, 1716) pressentait le temps et l'espace comme dépendant des évènements qu'ils contiennent ((l'espace donne la possibilité d'"existences" simultanées et le temps l'ordre d'"existences" successives).

-  Par la suite, avec et depuis Kant (1724, 1804), le temps et l'espace seront compris comme des intuitions pures de la sensibilité hors de toute donnée empirique.
D'ailleurs, l'intelligentsia philosophique actuelle considère encore, la "saisie" de l'espace et du temps comme propre au seul genre humain.

Curieusement, Kant reconnaissait au temps et à l'espace une même nature et ce, du seul fait qu'il est possible de représenter le temps en utilisant un élément de l'espace : la ligne.
Plus précisément il considérait l'intuition du temps comme s'apparentant à celle de l'arithmétique notamment parce que les durées s'expriment par des nombres, tandis que l'intuition de l'espace, se traduisant par des traits, lui paraissait relever de celle de la géométrie.
Il rejoignait aussi Newton lorsqu'il comparait l'espace et le temps à deux cadres vides, mais potentiellement capables de contenir et d'ordonner les phénomènes.
Néanmoins, différence essentielle, Newton considérait ces cadres comme substantiels c'est à dire existant en eux-mêmes, alors que Kant les assimilaient à la structure de l'esprit, voire à la nature de la sensibilité et de l'intuition.

-  Puis vint Michelson (1852, 1931) qui, au cours de célèbres expériences, montra que la vitesse des photons, de la lumière, était la même dans toutes les directions malgré la rotation de la terre et conclut ainsi, que les lois de la mécanique classique concernant l'addition des vitesses et du temps, ne pouvaient être généralisées.

A la même époque, Lorentz (1853, 1928) s’intéressant à la perception des phénomènes dans deux systèmes de référence se déplaçant l'un par rapport à l'autre, établit les équations de base qui permirent à Einstein (1879, 1955) d'échafauder ses théories de la relativité restreinte et de la relativité générale.
Depuis, le temps est uniquement reconnu et compris comme un indicible qui s’écoule inexorablement, et qui peut être formalisé par un continuum de nombres (d’instants).
 
Or, si en regard des évolutions du réel, le "sens" (la direction) associé au temps est toujours représentatif d’un passage du passé au futur, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit du "temps potentiel", en particulier du temps non actualisé qui caractérise le domaine de l’abstraction.
En effet, l’entité d’ordre transcendant qui se reconnaît en nous sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit) peut aisément s’extraire du futur (s’extraire d’anticipations), pour revenir dans le présent et dans le passé.

Le temps, à l’état potentiel, ne connaît donc aucune direction privilégiée et la triviale expression : "flèche du temps", n’est valable que lorsque l’on débat, scientifiquement, de la dynamique évolutive  du réel.

Hélas,
le domaine singulier de l'abstraction  où nous avons conscience du présent, du futur et du passé,
ce mystérieux domaine intemporel où cohabitent dans le moment présent, les expériences du passé qui nous servent à anticiper le devenir, 
demeure ignoré des philosophes et des théologiens ! 

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Les photons tissent une image du monde dont il est difficile de s'extraire.
La physique est d'ailleurs conditionnée par les traits de lumière des ces messagers universels.
Bien évidemment la philosophie et la théologie le sont aussi.

Les équations de Lorentz et les théories de la relativité par exemple, donnent à penser que la temporalité relève uniquement de l'ordre physique des choses, une dérive de l’entendement qui sclérosa, qui sclérose toujours la métascience.

Or, répétons-nous, le temps est constitué de durées et les durées sont des entre-deux non spatiaux, des intervalles qui ne sont pas de l’espace, des intervalles qui sont donc d'ordre transcendant.

En outre, comme nous le disions précédemment, le temps demeure une potentialité éternellement disponible en tout point de l'univers.
Il n'y a donc pas de jaillissements des durées mais "implications" de durées dans les états du réel, de telle sorte qu'il n'y a aucune différence d'ordre entre elles.
Par exemple, il n'y a aucune différence de nature entre les durées dont relèvent les chronologies d'évolution du réel et les durées qui ponctuent la vie intérieure (spirituelle) des êtres notamment celle de l'homme.
Pour l'admettre encore faut-il dépasser les attendus qui associent le temps à l'espace de par le concept d'espace-temps car ces attendus taisent des processus essentiels : la reconnaissance et l'interprétation,
et aussi, l'incontournable interrogation : 

quid de l'entité qui a charge de ces implications, de cette reconnaissance et de cette interprétation ?
En particulier, qu'en est-il de l'entité qui, de toute éternité, est contrainte de prendre en compte des entre-deux non-spatiaux afin de pouvoir intégrer la dynamique évolutive de l'univers dans des chronologies rigoureuses ?

A propos d'entre-deux, soulignons l’ambiguïté et la richesse de ce concept :

- ambiguïté, puisque, contrairement à ce qui est communément reconnu, les entre-deux spatiaux séparant les phénomènes (autrement dit : le vide) ne recèlent pas les forces en tout genre et les potentialités ; ces virtualités résident, elles aussi, dans un domaine transcendant.
Curieusement cet au-delà du sensible, tel que nous le définissons, ne fut jamais l’objet de reconnaissance et de débats de la part des philosophes et des théologiens ; nous avons d’ailleurs dû le spécifier, en adoptant le vocable : spacimplicatio,
vocable résultant de la contraction des mots latins : spatium signifiant étendue incommensurable, et implicatio, c'est à dire acte d'implication.

- richesse, ne serait-ce que parce que les entre-deux que représentent les  "blancs" (les vides, les non-dits), détiennent des conditions de positivité et de transcendance qui sont impérativement nécessaires à l'entendement, à la mémorisation et au transfert du "sens". 
Ainsi, les blancs participent à la "structuration" des langages, des plus simples aux plus élaborés, et même singuliers comme ceux caractéristiques du patrimoine génétique et des ordinateurs.

Revenons aux durées et retenons qu'elles sont d'un ordre transcendant, différent de celui qui, dit physique,  qualifie la nature (l'ordre) des énergies et de la matière.
Curieusement, ce fait essentiel n'a jamais été reconnu et exploité par les philosophes et les théologiens qui en sont restés à d'ancestraux a priori.
Même Kant, considérant que "l'espace comme forme d'extériorité n'est pas moins en nous que le temps comme forme d'intériorité"(cf. Critique de la raison pure),
et prônant avec assurance :
"Pour que je puisse rapporter certaines sensations à quelque chose d'extérieur à moi, et, de même, pour que je puisse me représenter les choses comme en dehors et à côté les unes des autres, et par conséquent comme n'étant pas seulement différentes mais placées en des lieux différents, il faut que la représentation de l'espace soit déjà posée comme fondement. Cette représentation ne peut donc être tirée par l'expérience des rapports entre les phénomènes extérieurs",
ignora les incessantes prises en compte de repères spatiaux et temporels (comme les durées) hors de l'humain : au sein du phénomène de la vie et dans l'univers.
Ce raisonnement réducteur fut d'ailleurs lourd de conséquence.
Du fait de la notoriété de son auteur, il ne fit qu'engluer davantage la philosophie dans un anthropocentrisme étriqué.

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