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Entendement et niveaux d'entendement Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Entendement et niveaux d'entendement
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Ainsi, les niveaux subordonnés et évolutifs de l'entendement sont riches d'enseignements quant à la dynamique des êtres et quant aux causes primordiales.
Insistons davantage.

Considérons par exemple, les très jeunes macaques japonais de l'île de Koshima qui apprennent à laver les patates sales sous la direction de leur mère,
ou encore, les gorilles des plaines, découverts au Congo, qui enseignent à leur descendance comment rincer les racines qui constituent leur nourriture.
Ces comportements, que présupposent-ils ?
Ils impliquent plus que de simples activités physiques : ils nécessitent des activités abstraites notamment des reconnaissances, des choix, des prévisions, ..., et des décisions.

Autre interrogation similaire, comment expliquer que Sarah, une femelle chimpanzé dressée par Premack, était capable de "rapporter" certaines choes à des symboles,
plus précisément, associait trois dessins censés signifier, respectivement, "rouge", "un cercle" et "une queue", à sa vision d'une pomme ? (cf. L'intelligence animale - J. Vauclair, Le Seuil).
Ne faut-il pas que certains caractères de la pomme et de ces dessins soient transférés dans un même domaine de virtualité (d'abstraction), afin qu'ils soient reconnus et comparés par une entité créatrice, maître du "sens" et du "temps" ?
Certes.
Dès lors, quid de ce mystérieux domaine toujours ignoré des philosophes et des théologiens, où "règne" l’éternel présent du moment  ?

Nous pourrions également citer les comportements de Kanzi. 
Eduqué au Yerkes Center d'Atlanta, ce chimpanzé reconnaissait plus de six cents mots et était capable de construire des embryons de  phrases avec des lexigrammes.
Bien que ces phrases soient rudimentaires, jusqu'à paraître stupides, il n'en demeure pas moins que cela ne se pouvait sans la prise en compte innée de référentiels abstraits mémorisés, jugés et constamment réactualisés,
et s'il y a "prise en compte innée", évidemment, il y a aussi  interprétation innée.

A propos de "l’inné" et des processus biologiques qui lui sont associés, prenons donc garde aux graves erreurs et ambiguïtés diffusées par nombre de bio-philosophes ; les exemples abondent :

* "L'instinct est une capacité innée d'un animal à acquérir un comportement typique de l'espèce dans des conditions appropriées de milieu et notamment au contact des parents et des congénères.
L'homme n'apprend pas vraiment à parler, pas plus que l'oiseau n'apprend à voler.
Ce savoir est déposé par ses gènes dans son cerveau et c'est le congénère qui lui révèle ce trésor.". 
Nous hallucinons ! (expression non académique, qui ne manque pas de sel).

Les gènes en effet, ne déposent rien ; en revanche, ils permettent que soient mémorisées moult potentialités qui sont les fruits d'incessantes activités de création d’ordre transcendant,
des potentialités qui peuvent ensuite être actualisées (devenir des réalités) par le biais des parents, des congénères, de l'éducation ou d’autres initiateurs et révélateurs comme les contraintes environnementales.

* "Le réel perçu par l'animal est mémorisé dans son cerveau ou plus exactement au sein du complexe neuronique de son cerveau.".
Oui, mais alors suivant quels processus, dans le cadre de quels repères de valeur, et par qui ?
Par la matière grâce à une propriété d'ordre physique qui lui permettrait de transcender les états du réel pour les reconnaitre, les juger , ... et agir ?
Non, bien évidemment.

* "Il n'est pas nécessaire de chercher à définir l'observateur qui réalise les images mémorisées dans le cerveau  si l'on admet que le cerveau fonctionne comme une métaphore agissante, c'est à dire au sein duquel la représentation est confondue avec l'action, ...
Les représentations sont à la fois les formes et les forces qui produisent et reproduisent le monde du sujet, ....". Qu'est-ce qu'une métaphore agissante ?
Faut-il rire ou pleurer face à ce discours ? !

Répétons-nous, ce ne sont pas les imageries virtuelles du monde, sises dans le domaine de l'abstraction, qui produisent et conduisent l'acte.
Ces imageries sont des référentiels abstraits et non point des opérateurs.
Mais alors, qui les élabore, qui assure leur cohérence et leur adéquation avec le réel, qui les utilise ?

Demeurons donc vigilants et critiques vis-à-vis des explications faciles et simplistes, actuellement véhiculées par les presses spécialisées, voire par les scientifiques eux-mêmes !

Paul  Moyne

 

  



 
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