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Âme, identité spirituelle Version imprimable Suggérer par mail
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Âme, identité spirituelle
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                                                          Âme, Identité Spirituelle




"...il en est de même à l’égard de l’âme ; quand elle fixe ses regards sur ce que la vérité et l’être illuminent, elle le comprend, le connaît, et montre qu’elle est douée d’intelligence ; mais quand elle les porte sur ce qui est mêlé d’obscurité, sur ce qui naît et périt, sa vue s’émousse, elle n’a plus que des opinions, passe sans cesse de l’une à l’autre, et semble dépourvue d’intelligence."(cf. Platon - La République – 509a),

"Est-ce que l’homme d’ici-bas est une raison formelle qui fait que l’homme est homme, différente de l’âme qui produit cet homme et qui lui donne de vivre et de raisonner ... ?
Mais alors qu’est donc cette raison formelle ?
Peut-on dire qu’"animal raisonnable", dans la définition, tient la place de "vie raisonnable" ? L’homme serait alors une vie raisonnable.
Mais est-il possible qu’il y ait une vie sans âme ?
Ou bien en effet l’âme donnera cette vie raisonnable, et l’homme sera une activité de l’âme et non une essence, ou bien l’homme sera l’âme lui-même.
Mais si l’âme raisonnable est l’homme, quand cette âme s’en va dans un autre animal, comment peut-elle ne pas être un homme ?" (cf. Plotin - Traité 38 – 4, 5 à 35),  

"Le meilleur est le dedans, à qui les courriers du corps ont tous rendu compte et qui présidait, qui jugeait sur chaque réponse, tandis que le ciel et la terre, avec tout ce qu’ils contiennent, disaient : nous ne sommes pas Dieu, et : Il nous a fait, Lui. De cela le dedans a pris connaissance par le ministère du dehors.
Moi donc, au-dedans, moi, moi en tant qu’âme, j’ai de cela pris connaissance par les organes de mon corps." (cf. saint Augustin – Confessions – Livre X - 6, 10),  

"Ceux qui ont apparié notre vie à un songe, ont eu de la raison, à l’aventure plus qu’ils ne pensaient. Quand nous songeons, notre âme vit, agit, exerce toutes ses facultés, ni plus ni moins que quand elle veille ; mais si plus mollement et obscurément, non de tant certes que la différence y soit comme de la nuit à une clarté ; oui comme de la nuit à l’ombre : là elle dort, ici elle sommeille, plus ou moins … Notre âme recevant les fantaisies et opinions qui lui naissent en dormant, et autorisant les actions de nos songes de pareilles approbations qu’elle fait celles de jour. " (cf. Michel de Montaigne – Essais, II, 12).

Qu’en est-il donc de l’âme pour l’homme moderne, cette mystérieuse identité spirituelle pressentie depuis des millénaires, sachant que l’enfant de l’homme ne vit en état de conscience qu'à partir de quelque vingt mois,
voire, que certains animaux évolués manifestent un proto - état de conscience ?

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A propos d’identités


En 1637, dans la quatrième partie du "Discours de la Méthode", Descartes remarquait avec la plus grande assurance :
".... j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que penser, et qui, pour être, n'a besoin d'aucun lieu ni ne dépend d'aucune chose matérielle, en sorte que ce moi, c'est à dire l'âme par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu'elle est plus aisée à connaître que lui, et qu'encore qu'il ne fut point, elle ne laisserait pas d'être tout ce qu'elle est ...".

Puis avec son fameux "Cogito ergo sum" (je pense donc je suis) proposé en 1644 dans les "Principes de philosophie", il exprima ce qui lui apparaissait comme le principe fort de l’humain :
"En l’homme il convient de distinguer très nettement deux entités, la chose pensante (res cogitans) et le corps, un corps compris dans l'étendue et la complexité de ses organes (res extensa). ".
Hélas, Descartes ne put développer cette compréhension (n'osa pas) ; pour cela, il aurait fallu qu’il s’affranchisse de certaines idées archaïques, parfois naïves, souvent dogmatiques du monde,
des remises en cause difficilement concevables en son temps !

Par bonheur, en ce début de vingt et unième siècle, les sciences jettent un nouvel éclairage sur la dynamique du réel,
un nouvel éclairage qui, en particulier, permet de différencier nettement deux ordres de phénomène : physique et transcendant, et, par-là même,
deux natures d’identités : physique et spirituelle.

Cependant, lorsque l’on désire débattre d’identités il convient, en préalable, de s’accorder sur les notions de pensée, de conscience et de sujet, notions dont l’ambiguïté sclérosent les discours actuels des philosophes et des théologiens.

En effet et nous n’avons cesse de l’argumenter, la pensée n’est pas un opérateur susceptible de reconnaître, de juger, de choisir, ..., in fine : de décider et d’agir ; en revanche, elle est représentative d’un vaste ensemble d’activités d’ordre transcendant et c’est pourquoi, dans une quête des causes primordiales, il convient de parler d’activités de pensée et non d'activités de la pensée. 

Il en est de même pour la conscience ; il est plus réaliste de parler d’état de conscience, un état d’être à la fois spatio-temporel et transcendant.
Plus précisément, l’état de conscience est un état bio-spirituel qui n'est pas uniquement le fruit de processus cérébraux, c’est aussi le fruit d’activités d’entendement d’ordre transcendant, à la discrétion de l’entité qui nous anime et qui se reconnaît sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit),
une entité non omnipotente puisque, en et par nous, elle est notamment obligée d’œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage, et qu'en outre, elle ne peut surmonter de multiples contraintes comme celles liées à la relativité.

Ce préalable étant posé, abordons le complexe et subtil problème de l’identité,
complexe et subtil car il apparaît désormais, clairement, que nous menons deux existences simultanées en interaction permanente :
- l’une biophysique qu’exprime notre triviale identité physique,
- l’autre spirituelle qu’attestent les incessantes activités d'ordre transcendant, qui se déroulent dans le domaine de l’abstraction.

Exprimé différemment, nous vivons physiquement dans l’espace qui contient le réel,
et spirituellement dans un au-delà du réel, dont le domaine de l’abstraction est l’expression singulière.

De plus, nous savons que l’identité physique est composite.
Ainsi, outre la banale identité exprimée par les macro caractères du corps, nous manifestons une identité génétique et aussi, une identité électromagnétique puisque nous sommes les pôles de permanentes et spécifiques vibrations électromagnétiques.

En fait, tous les états du réel résultent d’actualisations de potentialités,
actualisations qui nécessitent des activités physiques et des activités transcendantes.
En toute rigueur, nous pouvons donc avancer que chaque chose et chaque être a une âme, à l’instar des nombreuses croyances qui émaillèrent et émaillent encore, l’histoire de l’humanité ; nous réservons cependant cette notion à l’homme pour mieux le distinguer, car c’est la seule entité qui est dotée d’un état de conscience. 

Courte digression.

Pensons à ceux qui actuellement nous expliquent la culture et la nature, à partir : 
- du totémisme en montrant la continuité biophysique et morale entre les humains et les autres êtres, sans jamais reconnaître le caractère dual, physique et transcendant, du psychisme,
- de l’analogisme en faisant sans cesse référence aux relations et aux lois universelles, comme si ces relations et ces lois étaient des opérateurs dotés de pouvoirs et de facultés ; rappelons que l’ordre naturel, notamment la structuration des choses, n’est pas le fait de lois, en revanche les lois sont les expressions (les formalisations) de comportements plus ou moins immuables, ce qui est fort différent,
- de l’animisme en raison d’activités semblables et communes à tous les êtres, en particulier la prise en compte permanente de mêmes repères de valeur,
- du naturalisme de par la primauté accordée aux aptitudes physiques plutôt qu’aux aptitudes culturelles.

Soyons clairs, la culture n’est autre que l’expression par le moyen de l’état de conscience, d’activités transcendantes singulières notamment celles qui permettent des entendements communs et la coopération entre les individus.
En d’autres termes, l’homme n’est pas devenu transcendant au réel, mais certaines activités transcendantes qui le caractérisent, peuvent émerger de son identité spirituelle, de son âme, par le biais de l’état de conscience,
état de conscience qui, nous le répétons à nouveau, permet à l’entité créatrice divine qui l’anime et conduit le monde, de se reconnaître sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).

Nous voici donc fort éloignés des discours actuels qui tentent de nous faire croire que c’est le cerveau qui pense, et de ceux ambigus, du genre :
puisque "les propriétés physiques du corps distinguent une personne de toutes les autres, … c’est le corps qui donne une forme distincte." (cf. Andrew Gray).

L’individualité (l’individualisation) dépend d’interactions incessantes, entre les activités d'ordre transcendant qui caractérisent l’identité spirituelle (l’âme) et les molécules qui constituent le corps,
interactions qui traduisent l’implication permanente d’une entité créatrice, de caractère divin, maître du temps et du sens.
De ce fait,
le corps et le cerveau sont des moyens biologiques qui permettent de penser et d’appréhender le monde,
moyens biologiques qui sont aussi, des mémoires et des vecteurs de sens, en particulier d’informations et d'organisations de processus biologiques.

En outre, l’homme n’est pas uniquement l’objet et le sujet du savoir comme le prônent actuellement nombre de philosophes ; c’est un extraordinaire pôle qui permet l’élaboration et l’expression d’activités transcendantes intéressant non seulement le phénomène de la vie, mais aussi l’univers, notamment puisque nous sommes, en permanence, construits et reconstruits par échanges de particules quantiques.

D’autre part, nous savons que les caractères d’un individu résultent d’actualisations de potentialités génétiques et que ces actualisations dépendent de nombreux facteurs comme l’impact de l’environnement sur la structuration et le développement de la cellule mère.
Bien évidemment, les généticiens ne maîtriseront jamais totalement, ces processus.
Ainsi, il ne peut y avoir des individus rigoureusement identiques des points de vue physique et psychique ; en particulier, il n’y aura jamais de vrais clones, de parfaits clones.
La problématique à connotation philosophique et théologique :
si l’on pouvait effectuer le clonage parfait d'un homme, qu’en serait-il du moi (je, ego, sujet, esprit), en d’autres termes, aurait-on également cloné le je (moi, ego, sujet, esprit) ?,
est donc sans objet.
Fin de la digression.

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