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Que l’on puisse désormais prôner, avec assurance, le "réalisme" (l’existence) d’une identité spirituelle propre à chaque individu et dépendante, en partie, d’"actualisations" de potentialités génétiques, conduit, bien évidemment, à une nouvelle et révolutionnaire compréhension de l’esprit, de la vie spirituelle et de la spiritualité.
Blaise Pascal s’étonnait déjà de la vulnérabilité et de la sensibilité de l’entité qui, en nous, reconnait et juge :
"L’esprit de souverain juge du monde n’est pas si indépendant qu’il ne soit sujet à être troublé par le premier tintamarre qui se fait autour de lui. Il ne faut pas le bruit d’un canon pour empêcher ses pensées .... une mouche bourdonne à ses oreilles : c’en est assez pour le rendre incapable de bon conseil.
Si vous voulez qu’il puisse trouver la vérité, chassez cet animal qui tient sa raison en échec et trouble cette puissante intelligence." (cf. - Pensées - fragment 44),
"Les choses ont diverses qualités et l'âme diverses inclinaisons, car rien n'est simple de ce qui s'offre à l'âme, et l'âme ne s'offre jamais simple à aucun sujet. De là vient qu'on pleure et qu'on rit d'une même chose." (cf. Pensées - fragment 50),
" En un mot, le moi a deux qualités,
il est injuste en soi en ce qu'il se fait centre de tout,
il est incommode aux autres en ce qu’il les veut asservir,
car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres." (Cf. Pensées - fragment 509).
Nous pouvons également souligner l’engouement pour l’utopie et les modes futiles, ou encore l’attitude, parfois plus que bienveillante, de certaines personnes réputées intelligentes, face aux idées farfelues véhiculées par les sectes.
Ces faits n’attestent-ils pas de non omnipotence et de servitudes inexorables (de contraintes insurmontables) ?
Certes, et parmi celles-ci rappelons l’impact des incessantes redites en périodes d’éducation, sur la structuration du psychisme.
Ces répétitions s’accompagnent, en effet, d’un "renforcement" des liaisons synaptiques par le biais d’un processus de phosphorylation, à tel point que les idées et les concepts constamment ressassés peuvent devenir des vérités quasiment imprescriptibles (songeons aux processus communément appelés "lavages de cerveau").
C’est d’ailleurs pourquoi il y eut, si aisément, transmission au cours des générations, de fausses vérités (vérités du moment, d’époques, de civilisations), et bien entendu, de croyances aujourd’hui obsolètes.
Souvenons-nous de J. P. Sartre s’exclamant : "Il y a foi dans la mauvaise foi." (il est vrai qu’il connaissait bien le sujet !).
Ne tombons cependant pas dans les pièges intellectuels tendus par certains chercheurs, à l’instar de Joseph Ledoux :
"Mon idée de la personnalité est très simple : c’est que notre « soi », l’essence de ce que nous sommes, est le reflet des configurations d’inter connectivité entre les neurones de notre cerveau.... Etant donné l’importance de la transmission synaptique pour le fonctionnement cérébral, cela devrait être un truisme de dire que le soi est synaptique....
La question posée n’est pas «comment la conscience émerge-t-elle du cerveau ?» mais plutôt «comment notre cerveau fait-il ce que nous sommes ?»" (cf. Neurobiologie de la personnalité).
L’essence de ce que nous sommes, n’est pas le reflet des configurations d’inter connectivité entre les neurones.
Ce sont des facettes (des expressions) de l’implication de cette essence en nous, qui dépendent des configurations synaptiques, ce qui est fort différent !
Quant au cerveau, rappelons-le à nouveau, il ne fait rien de par sa nature biophysique, il permet de faire, là encore, nuance !
Gardons-nous donc des attendus ambigus et simplistes qui actuellement, foisonnent dans la littérature spécialisée, du genre :
le cerveau apprend différentes choses en utilisant des modules distincts...., le cerveau du fœtus peut discriminer des évènements...., le cerveau traite les stimulus,...., les neurones entrent en compétition pour survivre, etc., etc.
Gardons-nous également des discours qui ne reconnaissent dans la Personne métaphysique et morale que l’acteur susceptible de rendre compte de ses actes, c’est à dire qui ne reconnaissent que l’acteur conscient.
Sans oublier les philosophes qui nous abreuvent de concepts, osons le dire : fumeux, comme le soi minimum, le soi implicite, le soi explicite, le soi narratif, le soi social, ...,
autant de faux-semblants qui permettent de taire un fait essentiel :
l’implication en nous et dans le monde, d’une entité créatrice d’ordre transcendant, ipso facto, de caractère divin.
En outre, le flou qui entoure les concepts essentiels imaginés par les hommes d’église, même s’il est apaisant, ne permet plus de crédibiliser leurs discours lorsqu'ils parlent des causes primordiales !
Par exemple, l’état d’être du sujet, n’est pas, comme disent les bouddhistes, une "illusion permanente siégeant dans l’impermanent.".
Durant l’existence, l’état d’être du sujet siège à la fois dans l’espace qui contient le réel, et dans un au-delà du monde : le royaume des potentialités et des activités transcendantes qui conduisent aux virtualités, aux pensées, …, aux anticipations, aux rêves, …
D’illustres ancêtres en eurent-ils le pressentiment, en faisant valoir la notion d’âme ?
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