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Foi et raison,raison et foi...la pensée Version imprimable Suggérer par mail
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Foi et raison,raison et foi...la pensée
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A propos de la pensée !

Remémorons-nous à nouveau Descartes :
".... il faut éviter l'équivoque du mot pensée, lequel on peut prendre pour la chose qui pense, et aussi pour l'action de cette chose."(Cf. Méditations métaphysiques, Lettre à M. Clerselier).
Ce flou sémantique très courant, est fort ancien ; Aristote ne voyait-il pas dans la logique "la pensée de la Pensée"?

Il est vrai en effet, que très souvent dans un exposé, quand ce n'est pas dans la même phrase, ce mot désigne soit un "opérateur", soit les constructions mentales (abstraites) comme les concepts et les idées.
En particulier, la pensée est généralement comprise comme l’opérateur qui juge les êtres, les évènements et le monde, en s'aidant de références de valeur : positif, long, …, vrai, juste, ..., bon …

Bien évidemment, dans le débat philosophique et théologique, en regard des connaissances actuelles, ce manque de rigueur n'est plus acceptable.
Ainsi, seule l’expression activité de pensée (et non pas activité de la pensée) permet de ne pas trop occulter l'entité créatrice, "maître du sens", qui élabore les concepts, les pensées, les idées, les anticipations, …, les croyances.

Néanmoins, cette expression est encore trop réductrice car les pensées impliquent, outre de nombreuses facultés d’ordre transcendant, de multiples processus et phénomènes.
Citons notamment,
- les mémoires biologiques qui sont de véritables banques de données dont les plus remarquables sont sans conteste, celles qui permettent de pérenniser le patrimoine génétique,
- et les processus de transmission du sens.

Certes, la problématique posée par le sens (sa reconnaissance, sa mémorisation et sa transmission) est l’objet de débats mais hélas, sans grandes avancées philosophiques (et théologiques).

A notre connaissance, par exemple, aucune explication crédible quant à l’essentiel, n’a été fournie à ce jour, à propos des deux interrogations majeures :
- comment une structure vivante (biophysique) peut-elle être mémoire d’informations et d'organisations de processus ?,
- comment des groupes de nombre : 0 et 1, peuvent-ils être les vecteurs numériques d’un discours, d’un tableau de peinture, d’une œuvre musicale,… ?

Or, de récentes découvertes permettent désormais, de mieux comprendre ces processus.
Bien évidemment, les mémoires biologiques sont des particules, des atomes et des molécules, mais comment cela se peut-il ?

Selon nous, c’est en raison des ondes électromagnétiques qui leur sont associées, ne serait-ce que parce que ces ondes sont les seules à pouvoir traverser le vide quantique.
De ce fait, les vecteurs primordiaux du "sens" sont des trains d’ondes électromagnétiques indéfectiblement associées aux états moléculaires et atomiques de la matière.

Encore faut-il que les spécificités de ces trains d’ondes soient interprétées,
et ce ne sont pas les pensées qui le font !

                                                                                                           *

Il n’en demeure pas moins que les activités de pensée (les pensées) nous aident pour agir ; rappelons que dans la philosophie médiévale elles étaient les servantes de la contemplation (de la méditation) et dans la philosophie antique, les moyens qui permettent d’exprimer notre état d’être.

Mais alors, dans quelle limite les pensées et donc l’esprit permettent-ils de contrôler nos comportements et les équilibres biophysiques du corps ?,
sachant que de récentes expériences scientifiques montrent que la méditation et la prière, activités à objectif purement spirituel, sont susceptibles de stabiliser le rythme cardiaque et de revigorer le système immunitaire ? (cf. Newberg et d'Aquili - Why God won't go away ?),
des expériences qui satisferaient Hegel, lui qui cherchait à réconcilier l’esprit avec la réalité !

Pour ce qui concerne les interactions entre le corps et les pensées, citons les travaux de Benjamin Libet (1916 - 2007) qui montrent que les pensées émergeant de l’état de conscience, nos pensées conscientes, (et nos actes), sont toujours précédées par des activités spécifiques du cerveau.
Mais là encore, ne soyons pas dupe, le cerveau n’est pas un opérateur comme le prône la majorité de l’intelligentsia actuelle ; c’est un moyen biologique qui notamment, permet l’épanouissement de notre vie spirituelle dont les pensées sont les expressions singulières.

Autant de faits attestant l’implication dans notre corps, d’une entité créatrice unique qui ne peut exprimer des pensées, gérer nos équilibres de vie et les évolutions de notre organisme, agir, que si elle dispose d’un cerveau sain, suffisamment et correctement structuré.

Nous voici donc fort éloignés de la tradition biblique, selon laquelle le travail est un châtiment de Dieu,
fort éloignés aussi, de la compréhension de saint Augustin, qui voyait dans le travail un moyen qui permet de repousser les tentations et aide à méditer (règle de saint Augustin),
fort éloignés également de saint Thomas qui considérait, comme Aristote, que :
"Seule la nécessité de se maintenir en vie, oblige au travail" (cf. Summa Contra Gentiles).

Il est vrai, ces illustres ancêtres ne pouvaient pas connaître, ni même imaginer les anticipations et les recherches incessantes de la nouveauté qui se déroulent dans nos cellules, et dans celles de tout être,
car ils étaient convaincus, comme le sont encore aujourd’hui les scientifiques, les philosophes et hélas, les théologiens, que des lois universelles gouvernent le monde,
comme si ces lois pouvaient reconnaître, juger en fonction de critères de valeur, …, in fine, décider et agir !


Paul Moyne



 
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