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Connaissances, vérités, erreurs
"Que s'il s'agit d'unités, d'un homme, d'une journée, d'une maison, ce qui va pour un membre, ils le voient bien, ne va pas pour l'autre ; une chose longtemps autorisée est, d'une heure à l'autre, interdite ; un acte permis ou commandé dans le coin que voici est défendu et puni dans le coin attenant que voilà. Est-ce à dire que la justice change, qu 'elle évolue ?
Non, mais les affaires d'un moment qu'elle régit, ne vont pas de pair, et pourquoi ?
Parce que ce sont affaires d'un moment, ...
De la création prise en détail telles pièces, parce qu'elles ne cadrent pas avec telles autres, sont regardées comme des maux ; telles quelles néanmoins, ces mêmes pièces cadrent avec d'autres, et leur sont bonnes, et en elles-mêmes elles sont bonnes, ...
Pourquoi la vérité engendre-t-elle la haine ?
Il est un homme, un homme à toi, qui prêche le vrai. Pourquoi le traitent-ils en ennemi, alors que l'on aime de vivre heureux et que vivre heureux ne consiste qu'en une joie dont la source est la vérité ?
La seule raison, c'est qu'en aimant autre chose, ils aiment ce qui, à leur gré, est la vérité, sans vouloir, comme ils ne veulent pas se tromper, se laisser convaincre qu'ils se trompent." (cf. saint Augustin - Confessions - Livre III 7, 13 ; Livre VII 13, 19 ; Livre X 23, 34),
"Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu'esprit. Et de là vient que l'instrument par lequel la persuasion se fait, n'est pas la seule démonstration.
Combien y a-t-il peu de choses démontrées ! "(cf. Pascal - Pensées - frag. 671).
Depuis, combien d'extraordinaires avancées des connaissances ?
Encore faut-il en tirer la quintessence !
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Il y a presque un siècle, Bergson remarquait :
"....pas plus dans les centres supérieurs de l'écorce que dans la moelle, les éléments nerveux ne travaillent en vue de la connaissance : ils ne font qu'esquisser tout d'un coup une pluralité d'actions possibles ou organiser l'une d'elle." (cf. Matière et mémoire - Alcan, 1910).
Comment ne pas sourire aujourd’hui, à la lecture de cette analyse ?
Les éléments nerveux ne travaillent pas en vue de la connaissance, ils n'esquissent pas davantage, ils ne sont pas des opérateurs, en effet,
ils ne sont que des structures biologiques qui permettent à l'entité créatrice animant les êtres, entre autres :
- de prendre en compte des repères de valeur,
- de transmettre des directives à effet biologique et à effet comportemental, voire à effet mortifère,
- et d'acquérir les connaissances nécessaires aux actes de création que requièrent la pérennisation et le développement du phénomène de la vie.
Nuances de taille !
Quant à A.N. Whitehead, il voyait dans la connaissance, la symbiose permanente qui, existant entre ses deux sources : l'imagination et les expériences du vécu, établit notre enracinement cosmique.
A vrai dire, notre enracinement dans l’univers est encore plus subtil,
- d’une part, parce que les connaissances qui émergent de l'état de conscience, sont les fruits d'un vaste ensemble d'activités d’ordre transcendant qui impliquent d'incessants transferts d'informations (de "sens") jusqu'au niveau quantique,
- d’autre part, en raison d’échanges permanents avec l’ensemble du réel, de myriades de particules élémentaires constitutives de notre corps.
Plus précisément, nous sommes en permanence reconstruits,
- au macro niveau du corps parce que les cellulessont renouvelées,
- au niveau quantique par échange continu avec l'univers, des particules qui fondent les organes.
Dès lors, comment ne pas voir en l'homme un exceptionnel pôle d’activités transcendantes impérieusement nécessaires à la dynamique universelle ?
L'astronome Fred Hoyle ne nous démentirait point :
"Les développements actuels en cosmologie en sont arrivés à suggérer avec assez d'insistance que les situations quotidiennes ne pourraient persister sans les parties éloignées de l'univers, que toutes nos idées d'espace et de géométrie seraient entièrement invalidées, si les parties éloignées de l'univers étaient exclues.
Notre expérience quotidienne, même jusque dans ses plus intimes détails, semble être si étroitement intégrée à l'échelle de l'univers qu'il est presque impossible de considérer que les deux domaines (les mondes de l'inerte et de l'animé) existent séparément" (cf. Frontiers of Astronomy),
une compréhension que nous exprimons volontiers par "l’interrogation réponse" :
L’homme nécessité divine plutôt que projet spécifique de Dieu sur terre ?!
A propos de notre enracinement dans l’univers par le biais d’informations et de directives, comment ne pas être étonnés, voire scandalisés, en constatant que les philosophes n'ont pas encore répondu, de manière crédible, à la problématique posée par le "sens", son transfert et sa mémorisation ? (cf. Chapitre : Le "sens" ...).
Il est vrai que la philosophie est, plus qu'hier, nourrie de concepts, n'hésitons pas à le dire : de plus en plus fumeux, qui lui font perdre une partie de sa crédibilité et de sa noblesse.
Nous pensons notamment à l'"élan vital" proposé par Bergson, à l'expression sartrienne de "conscience imageante", à un auto-pouvoir reconnu à l'imagination par moult penseurs, à la compréhension de l'intentionalité selon Whiteheadi comme résultant de l'entrecroisement de "sentiments primaires", ...
Selon nous,
"Il se peut, il semble, y avoir que deux choses qui soient requises pour être toujours disposé à bien juger :
l'une est que nos connaissances soient, le plus possible, en adéquation avec les comportements du réel,
l'autre,
que la mémoire qui permet qu'on se souvienne et qu'on accède à ces connaissances, toutes les fois que l'occasion le requiert, soit fidèle. " (cf. Paraphrase de la lettre de Descartes à Elisabeth - Egmond 15 septembre 1645).
Cependant,
"il n'en demeure pas moins que la connaissance consciente a deux extrémités qui se rejoignent :
la première est la pure ignorance de l'essentiel qu'ont les hommes à la naissance,
la seconde extrémité est celle où arrivent les hommes qui, ayant parcouru tout ce que l'intellect leur permettait de découvrir, trouvent qu'ils ne savent rien et se rencontrent en cette même ignorance de l'essentiel. " (cf. Paraphrase d’un texte de Pascal - Pensée - Raison des effets, frag. 77).
Nous ne disposons en effet, d'aucun repère absolu si ce n'est l'éternel moment présent (cf. Chapitre : Le temps, temporalité et éternité),
et n'accédons qu'à une compréhension extrêmement partielle et relative du monde. (cf. Chapitre : La relativité, ..., relativité générale pour les philosophes et les théologiens).
Pourquoi en est-il ainsi, pourquoi l'entendement conscient est-il si pauvre comparé aux connaissances intériorisées (par exemple, dans les cellules) impérieusement nécessaires au développement du corps et du phénomène de la vie ?
Ne pouvant en outre, ignorer le caractère sacrificiel du monde, n'est-ce point en raison de la non-omnipotence de l'entité créatrice d’ordre transcendant, par définition de caractère divin, qui nous anime, qui se reconnaît en nous sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit) et qui, de toute éternité, demeure en charge de l’univers ?
Théologiens, en particulier monothéistes, à vos pupitres !
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