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Connaissances, vérités, erreurs Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Connaissances, vérités, erreurs
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Karl Popper (1902-1994) imaginait une asymétrie entre la vérité et l'erreur.
Plus précisément, ce philosophe reconnaissait une "dissymétrie structurelle" au sein du bipôle "vérité - erreur",
une dissymétrie qui inciterait à s'intéresser davantage à la vérité.
Rappelons sa démonstration favorite :

"Tous les corbeaux sont noirs, cependant, il est impossible de montrer la vérité d'une telle proposition.
Même si cent, mille, cent mille corbeaux sont noirs, cela ne montrera, jamais, que tous les corbeaux le sont.
Pour cela il faudrait que l'on puisse avoir connaissance de tous les corbeaux ayant existé, existant et à venir ; ce qui est impossible.
En revanche, il suffit d'entrevoir un seul corbeau de couleur autre que noir, pour que la proposition soit caduque, pour que nous soyons certains de sa fausseté, ...
Cette asymétrie consiste donc dans ceci : un ensemble fini d'énoncés de base permettant, s'ils sont vrais, de changer une loi universelle, alors qu'ils ne peuvent en aucun cas vérifier cette même loi.".

Parfait, mais cela ne nous dit rien quant à la méta raison (à la méta intention) qui conduit à rechercher la vérité et à reconnaître sa primauté.

Néanmoins, cette asymétrie montre qu'à chaque instant et en tout être, de mystérieuses incitations (et compréhensions) aident aux choix de repères de valeur, en particulier ceux associés aux vérités suffisantes,
et ce, même si ces vérités ne sont que relatives !

Mystérieusement aussi, la dynamique du réel atteste le respect de directions (du sens) ; les lois universelles et les processus d'évolution en témoignent à souhait.
Pourquoi en est-il ainsi ?
N'est-ce point parce que le respect de directions et du sens, relève d’une impérieuse et universelle nécessité ?
Nous en sommes convaincus.

                                                                                                           * 

Les évolutions de l’univers dont certaines peuvent être représentées par des lois, présupposent, bien évidemment, des vérités primordiales immuables, notamment celles qui permirent l'apparition et le développement de la vie.
Mais alors, les incessantes recherches de la nouveauté qui ont lieu dans les cellules et qui nécessitent (qui intègrent) des vérités spécifiques, ont-elles uniquement pour objectif l'accroissement de complexité de quelques franges du phénomène de la vie et ce, sur une seule planète ?,
voire, ont-elles comme objectif désormais, la pérennité de l'espèce humaine durant une période ridiculement courte vis-à-vis de l'histoire de notre galaxie ?
L’imaginer frise l'absurde.


En effet,
- d’une part, et nous n’avons cesse de l’argumenter, le phénomène de la vie et l'humain sont des potentialités de l’univers qui peuvent être actualisées (qui peuvent devenir réalité) dès que les conditions d'état d'une planète sont adéquates,
- d’autre part, l'entité créatrice, d’ordre transcendant, qui nous anime et a charge de l'univers, incommensurable chantier à jamais inachevé,
à l'instar de Sisyphe condamné à rouler éternellement une lourde pierre,
est contrainte, en nous, d'œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage, en dépit d'inexorables contraintes universelles et de servitudes quotidiennes.
De nombreuses vérités relatives actuelles, notamment scientifiques, sont donc plus que des "croyances parmi d'autres", ce sont des vérités nécessaires caractéristiques de notre époque.

Bien entendu, "toute proposition humaine a autant d'autorité que d'autres, si la raison n'en fait la différence",
plus exactement, toute proposition humaine a autant de valeur que d'autres, si des activités raisonnées (la raison n’étant point un opérateur) ne permettent d’en faire la différence,
mais malheureusement,
"Le plus grand et puissant moyen de persuader, et la meilleure touche de vérité, c'est la multitude des années et des croyants ; …. les fois surpassent de tant les sages. "(cf. Pierre Charron. - La sagesse I, 42).

En outre,
"Crois-tu qu'une opinion fausse ait moins de puissance que n'en a la bile sur celui qui a la jaunisse, et le venin sur celui qu'a mordu un chien enragé ? " (cf. Marc-Aurèle - Pensées, Livre sixième).

Oui, nous savons désormais que, les non-vérités, les contre vérités, les erreurs, les incertitudes ont souvent une influence sur les équilibres psychiques et physiques des individus.
Néanmoins, pour quelle raison continue-t-on à croire aux ancestrales vérités  invalidées par les sciences ?,
pourquoi de fausses vérités traversent-elles, si aisément, des générations ?

                                                                                                           *

Citons à nouveau Descartes :
"... quel être nous imaginerons-nous avoir été produit par ce souverain Créateur de toute chose, qui ne soit parfait et entièrement achevé en toutes ses parties ? Et certes, il n'y a point de doute que Dieu n'ait pu me créer tel que je ne me trompasse jamais ; il est certain aussi qu'il veut toujours ce qu'il y a de meilleur ; m'est-il donc plus avantageux de faillir que de ne point faillir ?....
Car par l'entendement seul je n'assure ni ne nie aucune chose, mais je conçois seulement les idées des choses, que je puis assurer ou nier." (cf. Méditations métaphysiques - méditation quatrième).

En effet, il d’agit de l’idée que l’on a des choses.
Hélas, Descartes n’avait qu’une compréhension primaire du monde comparée à la nôtre ; enserré dans le carcan de l'anthropocentrisme, il n'imagina jamais l'homme et les animaux comme d’extraordinaires pôles d’activités de création se déroulant jusque dans leurs cellules et même jusqu’au niveau quantique, et de ce fait, concernant l'univers entier,
activités de création d'ordre transcendant, dont les idées sont les fruits singuliers.
Son "cogito ergo sum" demeura ainsi, le prélude d'une symphonie inachevée.
A vrai dire, Descartes (1596, 1650) pouvait-il exprimer toutes ses idées lorsque l’on sait, par exemple, qu’à Toulouse, en 1619, le prêtre et philosophe Vanini Giulio Cesare fut brûlé sur la place publique pour avoir osé proposer une théorie naturaliste qui reconnaissait des liens de parenté entre les singes et les hommes ?

Mais alors, pourquoi les philosophes (et les théologiens) ont-ils de nos jours, si peu créativité ?
La plupart ont perdu tout sens critique vis-à-vis des sciences et sont englués dans les (des) non vérités du moment (le Big Bang, le temps qui commence, le temps qui finira, …).

Rejetons donc ces dérives de l’entendement, en priorité celles qui conduisent à reconnaître les lois universelles, la nature, les organes comme le cerveau et les gènes, la conscience, la culture, ...,
comme des opérateurs dotés de facultés qui permettent de reconnaître, de juger, de choisir, …, in fine, de décider et d’agir, et méditons à propos des incitations qui nous conduisent à chercher sans cesse, plus de vérités et plus de savoir.

Ces incitations s’apparentent en effet, à de mystérieuses voix émanant d’un au-delà du réel : le domaine de l’abstraction ; elles sont en outre, théoriquement toutes respectables en raison de leur nature transcendante, ipso facto, de caractère divin.

Vous l’avez noté, nous avons nuancé notre propos en précisant "théoriquement toutes respectables" car ce n’est pas parce que toutes ces incitations sont respectables en raison de leur caractère divin, que certaines actions qui en découlent, sont, elles aussi, respectables.
Voici sans nul doute, l’un des grands mystères qui voilent la compréhension de l’implication dans le monde, d’une entité créatrice de caractère divin (de l’implication du Divin).

Pensez aux meurtres abominables qui, sous le couvert de références à Dieu, "émaillent" l’actualité.
Loin de nous cependant l’idée que de tels actes soient imputables aux incitations de quelque esprit maléfique.
Ils attestent tout bonnement, eux aussi, de degrés de liberté qui sont spécifiques en nous, universels dans la matière. 
La liberté et ses limites, autre grand mystère !


 
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