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Depuis plus de deux mille ans de grands esprits, à l'instar de Platon et de Sakyamuni, n'ont eu cesse de s'interroger à propos de l'adéquation "phénomènes (réel) - concepts (entendement)".
Problématique ardue puisque notre entendement du monde dépend notamment :
- du caractère relatif de nos repères de valeur (nous jugeons par référence à des bipôles : positif – négatif ; long – court ; haut – bas ; ... ; juste – injuste ; … ; bien - mal),
- d'interactions entre l'observateur et l'observé,
- d'éradications systématiques des perceptions, inhérentes à la structuration des organes sensoriels,
- d'a priori erronés, en particulier ceux qui, banalisés à l'extrême, concernent le néant et le temps,
- de vérités suffisantes (de notre époque).
Nous estimons néanmoins, qu’il "existe" des vérités moins relatives, des vérités plus absolues, en particulier celles concernant les références immuables qui sont nécessaires à la dynamique de l'univers, et dont certaines demeurent dans le domaine de l'abstraction des êtres.
Plus précisément, nous croyons en d'imprescriptibles vérités corrélatives d'une nécessité primordiale, par exemple, nous croyons en l'existence au tréfonds de notre intériorité,
- d'un méta système de valeur,
- et de méta logiques qui permettent des interactions immuables, d’ordre transcendant.
Le "réalisme" de ces vérités est notamment attesté, de manière patente, par les évolutions cycliques sempiternelles qui peuvent être exprimées par des lois universelles.
Platon, sensible au monde des idées et des formes éternelles, ne nous démentirait point.
Ainsi, de nos jours, Aristote, en regard de nos extraordinaires connaissances du monde, ne pourrait plus soutenir :
"pour qu'il y ait science (entendement) il faut parler comme un humain".
Quant à Descartes,
en raison des incessantes recherches de la nouveauté qui se déroulent dans nos cellules,
il ne pourrait plus dire que "la faculté de concevoir est d'une fort petite étendue".
Ce n'est pas la faculté de concevoir qui est de fort petite étendue, mais notre entendement conscient et les pouvoirs qui nous sont dévolus au niveau conscient,
et ce, bien que nous soyons d’exceptionnels pôles d’activités transcendantes qui concernent non seulement le phénomène de la vie, mais aussi le niveau quantique, donc l’univers.
Hélas, aujourd’hui plus qu’hier, les compréhensions des choses ne sont pas toutes accessibles au commun des mortels, mais réservées aux scientifiques, aux spécialistes, qui utilisent pour les exprimer, des langages de plus en plus ésotériques.
Cependant, ne désespérons point, tout être manifeste une compréhension suffisante du monde adaptée à son niveau de complexité,
un fait essentiel qui ramène à l’inexorable problématique :
pourquoi chercher la vérité ?,
sachant que les recherches, quelles qu’elles soient, ne permettront jamais d'accéder à la connaissance de la "chose en soi" chère à Kant.
En outre, nombre de nouvelles vérités scientifiques bien que puissamment étayées, ne sont pas reconnues par les hiérarchies religieuses car ces vérités incitent à rejeter radicalement plusieurs dogmes religieux fondamentaux.
D'ailleurs, ces dogmes sont fondés sur des vérités d’époques et de civilisations, dont certaines, osons le dire, sont d’évidentes erreurs d’entendement.
Plus grave encore, les responsables de diverses religions tentent en vain, actuellement, de dialoguer en se jetant mutuellement à la face, plusieurs de ces fausses vérités, prétendant qu’elles ont été révélées.
En raison de la grave crise morale que connaît l’humanité en ce début de troisième millénaire, n’est-il pas plus judicieux, voire, impératif, de conduire dans l’urgence, des réflexions plus réalistes et plus ouvertes en choisissant et en sériant les problèmes qui peuvent être discutés de manière raisonnée ?,
car tel est bien la clé de la réussite.
Ces problèmes, par exemple, pourraient être classés en deux groupes, suivant les possibilités de consensus.
Tout d’abord, les problèmes intéressant très directement le vécu quotidien car nous savons que les hommes politiques seuls, ne peuvent plus désormais, assurer avec sagesse les équilibres sociaux ; les religieux (les hommes d’église) doivent être impliqués.
Puis, les interrogations métascientifiques (le terme aristotélicien métaphysique n’a plus qu’une signification historique), philosophiques et théologiques dont les bribes de réponse présupposent une juste compréhension du temps, de la relativité, du sens (avec tout ce qu’implique sa reconnaissance, sa mémorisation et sa diffusion), du domaine de l’abstraction, des activités de pensée (en particulier de l’inspiration et de la révélation), …
Ambitieux programme mais combien noble !
Paul Moyne
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