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DIEU, Pouvoir et énergies |
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Dieu,
Pouvoir et énergies
Les "archives préhistoriques" attestent de croyances en des pouvoirs cachés imaginés associés aux êtres, aux choses et aux phénomènes.
Les esprits éveillés et interrogatifs de cette époque, puis ceux des époques qui suivirent,
à l’instar des incessantes activités de recherche qui se déroulent dans nos cellules, et qui nous conduisent à œuvrer pour savoir et à chercher pour savoir davantage,
tentèrent donc de pénétrer l’inaccessible qui les hantait.
Les capacités d’abstraction du psychisme humain s’accroissant, comme en témoigne le développement continuel des vecteurs du sens que sont les langages parlés et écrits, ces pouvoirs furent alors sacralisés sous couvert d’entités bénéfiques ou maléfiques, de Dieux ou de Démons divers, plus ou moins spécialisés et hiérarchisés, caractéristiques de civilisations.
A l’époque qui vit naître et fleurir la philosophie grecque, l’hindouisme, le Taoïsme, le Bouddhisme et le Confucianisme, Platon, dans sa septième lettre (342 a-b), proposa même de définir les dieux suivant trois critères onoma (leur nom), logos (leur pouvoir) et eidólon (leur image).
A l’instigation d’autres esprits charismatiques et à l’aide d’autres logiques de raisonnement, se développa le monothéisme juif, puis les monothéismes chrétien et musulman, avec un seul Dieu, omnipotent mais décliné de manières différentes.
Or tous ces esprits éclairés ignoraient les distinctions que nous pouvons faire, que nous devons faire entre les forces, les pouvoirs et les énergies,
une ignorance relative qui évidemment, affectait leur compréhension des causes primordiales.
Dès lors, en ce début de troisième millénaire, que pouvons-nous raisonnablement dire de celles-ci, et corrélativement, de Dieu ?,
sachant qu’il ne peut pas y avoir de croyances sans logiques, et vice versa,
et qu’en outre, pour vivre, il faut croire !
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Observations préliminaires.
Préalablement à tout discours sur Dieu, les pouvoirs et les énergies,
- d’une part, il convient d’attirer l’attention sur l’impact considérable du conditionnement de l’esprit (de son formatage, en langage informatique), notamment lors de l’éducation (il convient aussi de le faire lorsque l’on débat de concepts essentiels),
En effet, le rabâchage s’accompagne toujours d’un renforcement de liaisons synaptiques par le biais d’un processus de phosphorylation et de productions auto-entretenues de facteurs de croissance.
C’est pourquoi, de "fausses vérités", voire des idées farfelues, constamment ressassées, peuvent devenir des vérités imprescriptibles conduisant parfois aux comportements abominables qui émaillèrent, qui émaillent encore l’histoire de l’humanité,
- d’autre part, il est essentiel de faire valoir le réalisme de l’ordre transcendant et en premier lieu, le réalisme de l’état de transcendance dont certes quelques philosophes parlent, mais à vrai dire, sans en "assumer" les présupposés.
Or l’homme est l’être qui exprime le mieux cet état extraordinaire qui permet de se situer "hors" ou "dans" les choses,
et ce, d’autant plus qu’il en a conscience.
Précisons également, fait toujours ignoré, que ce "il" est une expression du je (moi, ego, sujet, esprit) en qui l’entité créatrice qui nous anime, se reconnaît.
*
L’état de transcendance caractérise l’imaginaire, c'est-à-dire le domaine de l’abstraction, ce domaine intemporel et transcendant puisque y cohabitent les virtualités représentatives des expériences passées, jugées dans l’éternel moment présent, afin de pouvoir anticiper.
Fait tout aussi remarquable, les capacités d’abstraction de l’homme (nous pourrions également parler de celles des animaux car, par exemple, les chimpanzés manifestent un proto état de conscience) peuvent évoluer au cours de l’existence ; elles se sont d’ailleurs accrues durant la longue maturation de l’humanité.
Souvenons-nous.
Vers -35.000 l’homme entaillait des dents d’animaux, des ossements et des fragments de pierre ; ce furent les premiers "symboles objectifs vecteurs de sens".
Puis il commença à peindre pour transmettre son appréhension du monde, ses pressentiments et ses sentiments. L’imaginaire humain s’ouvrait à de nouvelles voies d’expression !
Durant l’Aurignacien (-30.000) apparut un figuratif rupestre primaire constitué d’imageries rappelant des têtes d’animaux et des parties génitales. (Dordogne : La Ferrassie, Abri Cellier ; Basses-Pyrénées : Isturitz).
A partir de -25.000, ces expressions (ces stylisations) s’affinèrent (Gironde : Pair-non-Pair ; Hautes-Pyrénées : Gargas). Plus précisément, les actualisations de l’imaginaire devinrent sans cesse plus "réalistes" du fait de la découverte de nouveaux "moyens techniques" et d’une plus grande maîtrise des mains.
Les sculptures, les gravures et les peintures, notamment celles découvertes sur les sites de Roc-de-Sers en Charente, du Fourneau-du-Diable et de Lascaux en Dordogne, de La Pasiega en Cantabres, préfigurent d’ailleurs la justesse presque parfaite des proportions et des détails, qui caractérisera les nombreux sites du Magdalénien moyen (-13.000 à -10.000) : Font-de-Gaume, Cap-Blanc, les Combarelles en Dordogne, Niaux, les Trois-Frères, Montespan en Ariège, Altamira et El Castillo en Cantabres.
Par la suite, après avoir davantage pris conscience du monde et d’eux-mêmes, ces lointains ancêtres tentèrent d’établir des rapports avec l’univers mystérieux des puissances qui leur semblaient émaner des êtres, des choses et des phénomènes,
un au-delà qu’ils imaginaient empli d’êtres semblables à ceux qu’ils côtoyaient journellement.
A ce propos, rappelons l’état de transe qui est aussi une des expressions les plus patentes du dualisme.
En effet, cet état de conscience singulier souvent obtenu par ingestion de plantes hallucinogènes,
notamment recherché par les tenants du chamanisme qui semble-t-il, fleurit au paléolithique,
est un état psychique, caractérisé par un "entendement perturbé" qui conduit à mêler, dans le domaine de l’abstraction, de manière surréaliste, les êtres, les choses et les phénomènes.
La découverte de l’état de transe marque d’ailleurs selon nous, le début remarquable de l’extraordinaire évolution du psychisme humain qui, quelque six cents ans avant notre ère, aboutit à l’éclosion de la philosophie grecque, du bouddhisme, du confucianisme et du taoïsme, voire à la maturation de la tradition juive.
Cette courte évocation des activités psychiques de nos lointains ancêtres, même si elle est entachée d’erreurs, n’atteste-t-elle pas, à elle seule, l’existence d’un domaine de virtualité à la fois distant du (transcendant le) cerveau et associé à (impliqué en) lui, sans lequel il ne peut y avoir imagination ?,
l’imagination, une faculté qui permet l’élaboration des concepts, des idées, …, des croyances qui "meublent" le domaine d’abstraction.
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