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DIEU, Pouvoir et énergies Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
DIEU, Pouvoir et énergies
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En des temps immémoriaux, des esprits éveillés s’interrogèrent donc à propos des forces et des puissances à l’origine des comportements et des phénomènes, notamment à propos des forces physiques manifestées par les individus et les animaux.
Qu’étaient leurs réponses ?

La religion primitive des indiens d'Amérique, descendants de chasseurs indo-européens qui émigrèrent après avoir traversé le détroit de Béring lors de périodes de glaciation, 20.000 à 35.000 ans avant notre ère (quelques scientifiques situent même les premières arrivées entre - 40.000 et - 100.000 ans),
voire des nomades européens qui, lors de la dernière glaciation, progressèrent vers l’ouest, le long de la banquise,
reflète par exemple, la croyance :
- en une force universelle conférant des pouvoirs surnaturels aux hommes, aux animaux, aux plantes et aux phénomènes ; les Iroquois la baptisèrent : Orenda, les Aleut : Agudar, les Lakota : Wakan, les Algonquian : Manitou,
- en des entités invisibles : les esprits, associés aux êtres et aux choses.
Quelques tribus indiennes imaginèrent même un Esprit suprême ; citons notamment le Créateur (Créator) des Lakota, le Grand Esprit (Great Spirit) des Algonquian et le Maître du Souffle (Master of Breath) des Creek.
Où résidaient ces Pouvoirs, en quel au-delà ?

Référons-nous aux antiques croyances égyptiennes :
"Quand un Egyptien devait répondre de ses actes sur terre lors du jugement après la mort, il présentait sa défense sous forme de négations, qui constituent la fameuse confession négative du Chapitre 125 du Livre des Morts ; On y lit notamment : Je ne connais pas le non-existant, ...,
Quand le défunt est accepté après le jugement comme étant l’un des justes et des élus, il est autorisé à poursuivre son chemin vers les pâturages de l’au-delà ; il lui faut cependant traverser maints lieux dangereux, dont une porte nommées celle qui avale ceux qui n’existent pas....,
Il atteint enfin Osiris, le seigneur des morts. Il se trouve en présence d’un dieu qui compte parmi ses multiples épithètes : celui à qui vient celui qui est et celui qui n’est pas. " (cf. E. Hornung - Les Dieux de l’Egypte, l’Un et le multiple).

Ainsi, les anciens Egyptiens estimaient que la mort n’était qu’un gué et qu’après le passage dans un au-delà, ils pouvaient vivre comme sur terre, à condition toutefois que leur corps soit intact.
Souvenez-vous des rites qui accompagnaient le décès : le corps était embaumé et enterré avec nourritures et biens avant de rejoindre l’éternel au-delà du monde.

Il est vrai qu’au temps des pharaons, les notions de virtualité et de potentialité n’avaient pas cours ; les prêtres pensaient même, qu’après la mort, après avoir quitté l’état d’existant, l’homme retrouvait paradoxalement dans le non-existant, les éléments qui composent son environnement.
Cet au-delà était d’ailleurs pressenti appartenir au ciel, mais situés hors de la route du soleil ; quant au lieu d’expiation des êtres condamnés lors du jugement des morts, en quelque sorte notre enfer, il était imaginé : "totalement profond, totalement sombre, totalement infini" (cf. Chapitre 175 du Livre des Morts).

Selon l’ancien testament, pour atteindre cet empire des morts, à l’instar des croyances perses et égyptiennes, il fallait traverser des fleuves infernaux interdisant toute remontée à la lumière :
"Les flots de la mort m’enveloppaient, les torrents diaboliques m’épouvantaient." (cf. Bible – Psaumes 18, 5),
voire, franchir des bouches de gouffres décrites comme des portes infernales.
Jusqu’à l’époque de la rédaction du second livre des Maccabées, les juifs croyaient même qu’une partie invisible du corps rejoignait un espace singulier : le schéol, un domaine imaginé souterrain sombre et ténébreux.

Plus tard, pour les rabbins et jusqu’au cinquième siècle, à l’instar de Philon d’Alexandrie, philosophe grec, juif et adepte de la métempsycose, avant d’habiter les corps, les âmes étaient censées préexister dans un monde supérieur,
un espace dénommé Gouf, situé au sommet du ciel et précédant celui des anges.
Souvenons-nous aussi de la géhenne, cet au-delà du monde réservé aux âmes viles, qui sera l’objet de supputations des plus rocambolesques, quelques rabbins allant même jusqu’à en évaluer les dimensions.

Dans le Talmud et à propos de l’au-delà, il est par exemple précisé :
"Dans le monde à venir, on ne boit ni ne mange, on n’a aucune jouissance sensuelle, mais les justes sont assis, des couronnes sur la tête, et se récréent de l’éclat de la Divinité." (cf. Berak’oth – 67, a).

Par la suite, nombre de théologiens juifs furent interpellés par la diversité de ces points de vue.
Afin de remédier à cette situation, Maimonide (1135, 1204), théologien et médecin empreint de platonisme, voire de néoplatonisme, proposera de privilégier l’interprétation de la tradition biblique.
Il considérait en effet, que les idées existent en puissance dans la raison, et que la raison n’acquiert de réalité substantielle que lorsqu’elle construit à l’aide des perceptions.

N’oublions pas aussi les sept cieux des musulmans :
"Les sept cieux Le glorifient, et la terre, et leurs habitants. Il n’est aucune chose qui par la louange ne le glorifie : seulement vous ne pénétrez pas leur glorification. Il est toutefois Longanime, Tout pardon… " (cf. Coran - Sourate XVII, 44).

Quant à Platon, il associait aux Formes en soi c’est à dire aux Formes éternelles, un espace de transcendance, voire, leur reconnaissait une nature transcendante :
"Parménide : Mais une chose est sûre en tout cas, c’est que les Formes en soi, tu en conviens (Socrate), ne se trouvent pas en nous et qu’elles ne peuvent se rencontrer dans notre monde." (cf. Parménide - 134 b). Considérait-il pour autant cette nature inhérente à celle d’un ordre transcendant impliqué dans le monde ?
Nous ne le pensons pas, bien qu’il ait écrit :

"Parménide : En effet, l’Un nous l’avons vu je crois, se trouve être en lui-même comme dans un tout.
Jeune Aristote : C’est juste.
Parménide : L’Un ne se trouve-t-il pas aussi dans les autres choses ? Jeune Aristote : Oui. Parménide : Par conséquent, dans la mesure même où il se trouve dans les autres choses, il sera en contact avec les autres choses ; et dans la mesure où il se trouve en lui-même, le contact avec les autres choses lui sera interdit, et c’est avec lui-même qu’il sera en contact, étant donné qu’il se trouve en lui-même.
Jeune Aristote : Apparemment.
Parménide : Ainsi donc l’Un sera en contact aussi bien avec lui-même qu’avec les autres choses.
Jeune Aristote : Il le sera." (cf. Parménide - 148d, e).

A vrai dire, l’alternative platonicienne à propos des Formes en soi :
"ou bien chaque Forme est constituée de pensées et chacune pense, ou bien ce sont des pensées qui ne pensent pas.", est désormais obsolète.
Les récentes avancées scientifiques, notamment en neurobiologie, ont introduit de nouveaux paradigmes qui ouvrent sur de révolutionnaires entendements de la dynamique évolutive du monde.
Encore faut-il tirer la quintessence de ces nouvelles connaissances et dépasser les formalisations (expressions) réductrices actuelles qui en sont faites !

Il apparaît en particulier, sans être grand clerc en la matière, que les formes en soi sont les fruits d’activités transcendantes, comme le sont les pensées, les concepts, les idées, les anticipations, …,
et qu’en outre, elles ne résident pas dans l'esprit puisque l'esprit les élabore,
et que pour les élaborer, il les transcende.

Néanmoins, une problématique incontournable subsiste :
où demeurent à l’état virtuel, les pensées, les idées, les concepts, les anticipations,…, et les liens (notamment les logiques) qui permettent d’en assurer la cohérence et l’adéquation avec le réel ?

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Selon nos lointains ancêtres, les pouvoirs associés aux êtres et aux choses sont divers et hiérarchisés à l’image des phénomènes et des comportements.

En Egypte, il y avait ainsi des "dieux lointains" comme Amon (le caché), Sekhmet (la puissance), Noun (le flux primordial), Houh (l’infinité), Kouk (les ténèbres), Maât (la déesse qui incarnait l’ordre du monde), …, et des "dieux plus objectifs", en particulier ceux associés au vécu quotidien tel Khnoum (le dieu de la cataracte), Khefthernébès (déesse personnifiant la nécropole thébaine).

Quant au panthéon hindouiste, il reflète une grande variété de sensibilités, de sentiments et de pressentiments, et comporte une foultitude de dieux, de déesses, de démons, de démones, d’êtres surnaturels masculins et féminins.
On y trouve, pêle-mêle, des ennemis des dieux (les asuras et les daityas), des êtres souterrains (les nâgas), des génies mi-hommes mi-animaux (les gandharvas), des nymphes (les apsaras), …
En particulier, onze dieux, les Agni (le feu), sont censés résider dans l’Empyrée (le plus élevé des espaces célestes), onze, les Indra (guerriers), sur terre, et onze, les Varuna, dans un espace intermédiaire.

Remémorons-nous aussi les extraordinaires mythes grecs de l’antiquité, notamment dans l’Iliade et l’Odyssée, les exploits d’Ulysse, vainqueur de Troie qui, malgré la protection d’Athéna, fut condamné par des dieux à errer sur la mer avec quelques compagnons d’arme, et contraint d’affronter les Lotophages, le Cyclope Polyphème, les Lestrygons anthropophages, la magicienne Circé, les écueils de Charybde et Scylla, …, la nymphe Calypso.

Bien évidemment, l’analyse de ces croyances nous éloignerait par trop, du cadre de cette étude.
Néanmoins observons que les problématiques, toujours d’actualité, posées par la puissance de l’amour, l’obsession de la mort et le pressentiment de l’au-delà, y étaient omniprésentes.
Est-ce pour cela que les références à ces mondes virtuels totalement irréalistes, apaisèrent durant des siècles, apaisent les encore, les angoisses métaphysiques d’une partie de l’humanité ? 

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