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Fort de cette soudaine révélation, notre vieil homme se tourna alors vers son âme et tenta de l'interroger pour savoir si c'était elle qui jugeait, choisissait et décidait.
Nouvelle surprise, l'âme demeura également muette.
Contrairement à ce que prônaient les augustes maîtres qui avaient forgé son éducation, l'âme, d'ailleurs malencontreusement confondue avec l'esprit, n'était qu'une entité passive.
Le mystère s'épaississait.

Néanmoins, obstiné, il réfléchit à nouveau sur les imageries cérébrales et les idées qui lui servent de référentiel quotidien et en vint à s'interroger sur les moyens, les processus et les facultés que cela présuppose.

Il chercha tout d'abord par quels processus les choses subsistent présentes à son esprit, après avoir disparu de son regard, bien évidemment convaincu que ce ne peut être que sous forme d'imageries virtuelles.
En quel lieu ces copies abstraites demeurent-elle ?
Ses neurones en étaient-ils emplis ?
Il ne le concevait pas ; le "réalisme" de ces copies virtuelles présuppose en effet, l’existence d’un domaine  transcendant associé à l’espace qui contient les choses et les êtres,
un domaine cohabitent les expériences du passé, jugées dans le moment présent, afin d'anticiper le futur.

Notre vieil homme imagina alors un domaine ignoré qu'il baptisa : "domaine de l'abstraction", un domaine inaccessible à l’empirisme censé être le réceptacle des potentialités et des virtualités en tout genre.
Parmi ces virtualités citons les fruits d’activités d’ordre transcendant que sont les concepts, les idées, les rêves, les anticipations, …, en somme, les pensées.

Précisons qu’ayant saisi très tôt au cours de son adolescence, certaines ambiguïtés sémantiques et conceptuelles associées aux notions de raison, de pensée et de conscience, il préférait parler de :
- d’actes de raison (d’actes raisonnés),
- d'activité de pensée,
- d'état de conscience,
afin de souligner que la raison, la pensée et la conscience ne sont pas des "opérateurs" capables de juger, choisir, …, décider et agir,
et  à ce propos, il citait volontiers un extrait de Vatican II :
"Il arrive souvent que la conscience s’égare, par suite d’une ignorance invincible, sans perdre pour autant sa dignité. " (cf. Vatican II – L’Église dans le monde de ce temps, 16),
en rappelant que la conscience, plus exactement, l’état de conscience ne peut s’égarer ; ce n’est qu’un état d’être !

Qu'en est-il de l'entité qui initie ces activités créatrices, s'était-il dès lors demandé,
plus généralement, qu'en est-il de l'entité qui coordonne les évolutions et les comportements des êtres, des plus élémentaires aux plus complexes ?
Les mondes du vivant et de l'inerte seraient-ils conduits par des lois, des règles et des principes comme cela est communément dit et admis ?
Il comprit soudainement qu'il était face à l'une des dérives majeures de l'entendement car les lois, fussent-elles universelles, les règles et les principes ne sont dotés d'aucune faculté ; ils ne font que traduire des comportements immuables, nuance !

Exprimé différemment, 
les lois, les règles et les principes ne sont que des formalisations (des actualisations) de compréhensions spécifiques que nous avons du réel.

Il était donc nécessaire, il est donc nécessaire qu'une entité créatrice, d’ordre transcendant, soit en charge des êtres et des choses, et que le monde soit de caractère dual. 

D’ailleurs, en ce début de troisième millénaire quelques scientifiques avaient mis en évidence et enregistré certaines directives à effet biologique qui, bien que non décryptées, permettaient néanmoins de postuler :
les molécules médicalement actives le sont plus en raison des directives à effet biologique et des directives à effet comportemental, qu'elles permettent de mémoriser et de transférer, que du fait de leurs propriétés physico-chimiques,
des directives présupposant, bien évidemment, une entité créatrice, maître du "sens", qui en juge et en use !

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