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DIEU, Pouvoir et énergies Version imprimable Suggérer par mail
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DIEU, Pouvoir et énergies
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La quête des "réalités transcendantes" chères à Platon, menée par Plotin (205 – 270), ce penseur hors du commun, demeure encore aujourd’hui, exceptionnelle.
Celui-ci était convaincu qu’il ne pouvait y avoir d’existence physique sans la cohérence des "multiples" qui constituent l’état d’être,
mais alors, s’interrogeait-il :
est-ce l’Ame, est-ce l’Intellect, qui assure cette unité sachant que l’univers, constitué de myriades d’états singuliers, évolue en toute harmonie ?

Il prôna ainsi, par nécessité, le réalisme (l'existence) d’une entité unificatrice antérieure à l’Ame et à l’Intellect.
Rapportons ses conclusions :

"En résumé, l’Un en soi est absolument premier, mais l’Intellect, les Formes et l’Étant (le réel) ne sont pas premiers…
Ainsi il est impossible que l’Un soit le Tout, car alors il ne serait plus Un,
ni qu’il soit l’Intellect, car ainsi il serait le Tout, puisque l’Intellect est le Tout,
ni qu’il soit l’Étant car l’Étant est le Tout...
L’Un n’est donc pas l’Intellect, mais il est avant l’Intellect. Car l’Intellect est quelque chose, qui fait partie des êtres, mais Lui, il n’est pas quelque chose mais avant chaque chose.
Et l’Un n’est pas non plus l’Étant. Car précisément l’Étant a en quelque sorte une forme, qui est celle de l'Étant, mais l'Un est privé de forme, même de forme intelligible.
Car la Nature de l’Un parce qu’elle est génératrice de toutes choses, n’est aucune d’entre elles. Donc on ne peut dire, ni qu’il est quelque chose, ni qu’il est qualifié ou quantifié, ni qu’il est Intellect ou âme.
Et il n’est pas mû, mais pas non plus au repos, ni dans le lieu, ni dans le temps…
C’est pourquoi même lorsque nous disons qu’il est cause, ce n’est pas à lui que nous attribuons un prédicat, mais à nous-mêmes, car c’est nous qui avons en nous quelque chose qui vient de lui, alors que lui est en lui-même."(cf. Traité 9 – 2, 30 à 45 – 3, 35 à 50).

Ainsi, grâce à de remarquables analyses et introspections, Plotin imaginait deux "réalités transcendantes" ;
néanmoins, les attributs qu’il donna à ces réalités abstraites prêtent souvent à confusion ; nous pensons entre autres, aux prédicats associés aux notions d’âme et d’intellect.
Par bonheur, la compréhension du monde et de sa dynamique évolutive, désormais autorisée par les sciences, permet de lever ces ambiguïtés.

L’âme apparaît aujourd’hui comme une identité spirituelle et non pas comme un opérateur,
une identité spirituelle attestant l’implication permanente d’une entité créatrice de caractère divin (du Divin) en nous, ipso facto, dans l’ensemble du réel.

Quant à notre compréhension de l’intellect, elle se révèle également fort différente du pressentiment qu’en avaient les néoplatoniciens :
"ils doivent admettre qu’il y a un autre Intellect que l’intellect qui raisonne (l’intellect qui raisonne appelé par Platon et Aristote, le raisonnable), parce que les raisonnements sont d’ores et déjà en quelque sorte dans un état d’extension et de mouvement, et que les sciences, qui sont des raisons formelles dans l’âme, sont telles qu’elles sont parvenues d’ores et déjà à un état de manifestation, par le fait que l’Intellect est devenu cause des sciences dans l’âme"(cf. Traité 9 – 5, 10),
car l’intellect n’est pas une entité qui raisonne mais un vaste ensemble de facultés d’ordre transcendant qui permettent de raisonner.

En particulier, l’intellect n’est point cause primordiale ni des formes ni des sciences ; en revanche, de par les facultés d’ordre transcendant qu’il recouvre, l’intellect permet la reconnaissance des formes et l’épanouissement des sciences, ce qui est fort différent !

Pour ce qui est de l’Un, décliné par Plotin au gré de ses discours comme Bien, Premier, Principe de Tout, Source de vie,  Cause du Bien, Racine de l’âme, Dieu,
il trouve aujourd’hui un nouveau réalisme que nous pouvons exprimer par la notion d’ordre ; ainsi, nous pouvons désormais parler, de manière crédible, de l’ordre de l’énergie universelle et de l’ordre transcendant inhérent à l’entité créatrice qui, de toute éternité en charge du monde, nous anime et se reconnaît dans le moi (je, sujet, ego, esprit).

Mais alors, n’est-ce point ? :
"à l’intérieur de soi qu’il faut rechercher la présence universelle de l’Un....
Il n’est, dit Platon, en dehors de rien, mais il est avec tous les êtres, sans qu’ils le sachent. Ce sont eux, en effet, qui fuit hors de lui, ou plutôt hors d’eux-mêmes. Ils ne peuvent donc saisir celui qu’ils ont fui, et, s’étant perdu eux-mêmes, chercher un autre, pas plus qu’un enfant, hors de lui parce qu’il est atteint de folie, ne pourra connaître son père. Mais celui qui s’est reconnu lui-même saura aussi d’où il vient." (cf. Plotin – Traité 9 – 7, 30).

Certes, d’autant plus :
" qu’Il ne peut être objet de discours ni objet d’écrit, mais si nous parlons et écrivons, c’est pour conduire à lui, pour encourager à la vision, à l’aide de nos discours, comme si nous indiquions le chemin à quelqu’un qui veut voir quelque chose. Car l’enseignement ne peut conduire que jusqu’à la route, que jusqu’au cheminement, mais la vision elle-même, c’est à celui qui veut voir de la réaliser." (cf. Traité 9 – 4, 11).

Néanmoins,
comment comprendre les interactions permanentes avec l’au-delà, plus exactement, avec les au-delà(s), dès lors que l’essence de toute réalité transcendante, entre autres celle du moi (je, ego, sujet, esprit), échappe à l’entendement ?

Nul doute, les réponses présupposent une nouvelle formulation de nombreux concepts et une grande rigueur sémantique.
De bien cruels reniements en perspective, pour les philosophes et les théologiens ! 

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