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Certes, comme le disait saint Thomas, toute relation est de nature spirituelle (plus exactement selon nous, est représentative d’interactions d’ordre transcendant), néanmoins il se trompait lorsqu’il considérait que "les états de la matière sont en contact, sans plus".
Les particules, les atomes et les molécules qui constituent le réel et le corps, baignent dans un insondable vide à l’image de celui qui participe du cosmos ; les états de la matière ne sont donc jamais en étroits contacts physiques.
En revanche, ils demeurent en interaction permanente par le biais de forces potentielles et à l’aide d’ondes électromagnétiques qui, vecteurs primordiaux d’informations et d'organisations de processus, font du réel un cybermonde, où le sens est omniprésent.
Bien évidemment saint Thomas ne pouvait avoir connaissance de ce fait essentiel puisqu’en ce début de troisième millénaire, il commence tout juste à être objectivé.
Que pouvons-nous dire de nos jours ?
Les confrontations d’idées et les exégèses qui durant des siècles émaillèrent l’histoire du monothéisme chrétien,
et la prise en compte des actuelles avancées révolutionnaires en biologie et en neurobiologie,
montrent à l’évidence, que les textes bibliques qui traitent de ce qui est primordial, ne sont porteurs que d’entendements d’époque, comme si Dieu n’avait révélé que des bribes de vérités relatives.
D'autre part, le manque de rigueur conceptuelle et sémantique en ce début de troisième millénaire, permet de "maintenir" les croyances en ces ancestrales vérités dont certaines sont désormais invalidées par les sciences, aidé en cela par l’obscurantisme du siècle dit des lumières,
en particulier, permet de continuer à minimiser, voire à ignorer la vie spirituelle qui nous caractérise durant l’existence.
Néanmoins,
condamnée au conservatisme par ses théologiens qui, de concile en concile, privilégièrent sans cesse davantage la tradition biblique au détriment d’idées riches de modernité, émises par les penseurs platoniciens et néoplatoniciens, voire cartésiens,
la dogmatique chrétienne devra bien évidemment, intégrer la révolution conceptuelle radicale qui s’annonce ; il en est d’ailleurs de même pour les autres religions et la philosophie.
Cette révolution conduira notamment à reconnaître,
- les incessants flux d’informations et d'organisations de processus (de sens) dans la matière animée, ipso facto inerte,
sens qui sous-entend bien évidemment, interprétation et transcendance.
Corrélativement, ces faits inciteront à rejeter les théories qui tentent, depuis des siècles, de nous convaincre que l’univers est régi par des lois et des principes.
Ces lois et ces principes ne sont pas opérateurs mais des formalisations (des expressions) de comportements immuables qui impliquent la prise en compte permanente de repères de valeur comme les durées, ces intervalles qui ne sont pas de l’espace,
et ce, par une entité maître du "sens" !
- le "réalisme" d’interactions permanentes avec un au-delà du monde, d’ordre transcendant ; citons parmi ces modes de communication : les incitations, les pressentiments, les sentiments, voire les pensées, les concepts, les anticipations, …, c’est à dire les constructions abstraites (les fruits d’activités d’ordre transcendant) élaborées par l’entité créatrice de caractère divin qui, de toute éternité en charge du réel, nous anime.
Il s'agit donc d'un dualisme de caractère universel, qui nous conduit d’ailleurs à prôner avec assurance :
Cogito ergo mundus vivit. (Je pense donc le monde vit) ; Descartes nous excusera !
- le rôle essentiel de notre vie spirituelle durant l’existence, qui n’a jamais vraiment été débattu par les philosophes et les théologiens, ne serait-ce que parce qu’il est aisément masqué par le méli-mélo "raison, conscience, pensée, esprit", le statut d'"opérateur" reconnu aux lois universelles, et les concepts d'intelligence artificielle et de pouvoir auto-organisationnel de la matière.
*
Révolution d’autant plus radicale que les sciences permettent désormais de mieux conceptualiser les notions d'énergie universelle et d’intemporalité.
Ainsi l’énergie universelle dont tous les scientifiques parlent sans en rien connaître, est l’"énergie mère", qui, sans dimension, sans temporalité, omniprésente en tout point du réel, est l’éternel substrat du monde.
D’elle sourdent les particules qui forment les atomes et les molécules constitutives des myriades d’états de la matière, tant inerte qu’animée.
En elle sont ressourcés, suivant des cycles incessants, des pans de l’univers, faisant de celui-ci un éternel chantier à jamais inachevé.
L’énergie universelle, cet Unitaire de la matérialité, comme nous le spécifions, est donc intimement liée aux différentes énergies qui permettent la dynamique du monde.
En outre, les différentes énergies ne sont pas uniquement d’ordre physique : cinétique, électrique, thermique, …, comme cela est communément dit ; elles comptent aussi des énergies plus subtiles que donnent notamment à connaître l’introspection, la biologie et la neurobiologie.
Citons par exemple les différentes expressions de l’énergie psychique, et plus précisément, les énergies associées aux facultés d’ordre transcendant qui permettent de créer tout en respectant des références de valeur, que ce soit sous le couvert d’actes innés ou d’actes innés et conscients.
Energies subtiles car elles comportent une part d’énergie physique quantifiable et une part d’énergie non quantifiable corrélative d’intentions, de désirs, de volontés, ..., voire de dessein primordial.
Pour cela, du point de vue théologique (et philosophique), nous parlons des énergies non quantifiables, comme d’un Pouvoir.
En d’autres termes, selon nous, les énergies sont quantifiables tandis que le Pouvoir est inhérent à un ordre transcendant, différent de celui dit physique qui caractérise la matière.
Autre fait essentiel objectivé par les sciences de la vie,
il n'y a pas d’énergie biologique, celle qui caractérise les êtres, sans ce mystérieux Pouvoir,
plus exactement sans implication d’une entité créatrice d’ordre transcendant.
Quel éclairage révolutionnaire jeté sur l’univers, l’apparition de la vie et le sens de l’existence humaine !
Ainsi,
- l’univers se révèle éternel puisque son existence présuppose la permanence d’un Unitaire intemporel source-mère des énergies dans lequel des pans du cosmos sont constamment recyclés,
- le phénomène de la vie apparaît comme une potentialité de l’univers, actualisée dès que les caractéristiques d’une planète sont adéquates,
une théorie que nous avons déposée à l’Académie des Sciences sous pli cacheté n° 17611,
- compte tenu du nombre de planètes (plus de 10 puissance 23), il est plus que probable que la vie et des êtres semblables à l’humain existent, de toute éternité.
Mais alors, pourquoi cette entité créatrice impliquée dans le monde,
qui ne peut être que de caractère divin puisqu’elle est d’ordre transcendant,
se reconnaît-elle en nous sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit) ?
N’est-ce point parce que l’homme est une nécessité divine plutôt qu’une création spécifique sur terre ?
Nous en sommes convaincus,
- d’une part, puisque nous sommes en symbiose avec la dynamique universelle étant sans cesse reconstruits à l’aide de particules quantiques (donc cosmiques) vecteurs d’informations,
- d’autre part, en raison de la non omnipotence de cette entité créatrice, c’est à dire du Divin impliqué dans le monde.
En nous par exemple, ne subit-il pas les contraintes inexorables de la relativité ?,
et ne doit-il pas œuvrer pour savoir et chercher pour savoir davantage ?
Ainsi, "Dieu est le créateur et pourtant Il n'est pas seul", comme disait Septimius Tertullien précédemment cité.
Selon nous, il existe deux Sources éternelles de la réalité, plus précisément, deux domaines sans structure interne, sans dimension, hors du temps, c'est-à-dire deux Unitaires antérieurs au "Tout sensible",
- l’un attesté par l'énergie universelle, éternel substrat de la matière,
- l'autre censé exprimer l’état primordial du Divin avant que celui-ci ne s’implique dans l’univers pour en conduire la dynamique évolutive.
La cohérence de la dynamique universelle malgré le caractère sacrificiel du monde, et la non omnipotence du Divin, nous incitent également à postuler, par nécessité, un Pouvoir absolu, une omnipotence que nous baptisons "Transcendant Suprême".
Hélas, ce Transcendant Suprême, ce Dieu, demeure inaccessible.
En revanche, par bonheur, le Divin qui en émane et nous anime, nous révèle un au-delà du monde empli d'espérances !
Paul Moyne
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