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Sachant que nous évoluons dans un cybermonde où le "sens" est omniprésent :
cogito ergo mundus vivit (je pense donc le monde vit),
et quand nous disons "sens" cela présuppose bien évidemment, interprétation, donc transcendance, donc entité créatrice d’ordre transcendant,
comment pouvons-nous comprendre le prophétisme ?
Faut-il s’en tenir aux discours de certains théologiens juifs, qui, à l’instar de Maimonide (1135 - 1204), considéraient que seul le prophétisme mosaïque (la révélation) est de nature divine, les autres prophétismes résultant de niveaux d'entendement exceptionnels ?,
Maimonide avouant en outre, à propos de la philosophie d’Aristote, n’avoir retenu que les spéculations qui permettent de mieux comprendre la Torah.
Certes le prophétisme participe d’entendements exceptionnels, cependant pour ne pas ignorer le caractère dual du monde, son ordre physique et son ordre transcendant, nous devons avoir une sémantique rigoureuse et le considérer comme le fruit d’activités conduites par l’entité créatrice d’essence divine, qui nous anime et qui se reconnaît dans le moi (je, ego, sujet, esprit).
Relatons ainsi quelques phénomènes psychiques riches d’enseignements.
Environ six siècles avant J.C., Sakyamuni, le premier bouddha voulut montrer qu’il était possible de se libérer de la souffrance en atteignant la connaissance supérieure : le bôdhi (en réalité il s'agit d'un éveil sublimé).
Il considérait en outre le bôdhi comme l’aboutissement d’une longue progression psychique marquée par quatre étapes clé successives :
- la conscience en l’inanité de la vie ; rien n’y étant bon, nous ne devons pas trop désirer,
- après de profondes méditations sur la douleur et ses sources, la conscience de l’importance du savoir et de la nécessité d’exister,
- le rejet des désirs et des passions afin de tendre à la sagesse,
- la délivrance de l’illusion du moi pour atteindre un état sublime : le nirvana.
Evidemment, ces expériences ne peuvent être vécues que par des individus dotés d'un très bon état psychique et disposant de rares capacités intellectuelles.
Pour supporter sans plainte les affres de la souffrance et les malheurs, ne faut-il pas une force de caractère peu commune ? :
"Quand j'étais malade, je ne m'entretenais avec personne des souffrances de mon corps. Jamais je n'en parlais à ceux qui venaient me visiter. Toujours je discutais sur mon sujet habituel, la nature des choses....
Ma vie, même alors, était tranquille et heureuse." (cf. Epicure rapporté par Marc-Aurèle - Pensées, Livre IX, 41),
"Supprimez l'opinion, vous avez supprimé cette plainte : on m'a fait du mal.
Supprimez la plainte : on m'a fait du mal, et le mal même est supprimé" (cf. Marc-Aurèle - Pensées, Livre IV, 7).
Par bonheur désormais, nous n’en sommes plus à ces observations primaires et pouvons commencer à comprendre la dynamique psychique.
Ainsi, nous savons que chez quelques individus, très peu nombreux il est vrai, des stimulus auditifs déclenchent plusieurs sensations simultanées intéressant la vue et le toucher.
Ce phénomène, la synesthésie, était autrefois reconnu comme une grâce divine, or, selon les neurobiologistes, il résulte de liaisons synaptiques rarissimes.
De même, par le biais de liaisons similaires, d’autres individus avec leur hypersensibilité, mêlant leurs croyances, intentions et pressentiments, entendent des voix heureuses (ou malheureuses), et ce, comme si ces voix étaient réelles.
Néanmoins, ces explications bien qu’utiles, ne sont pas suffisantes.
En effet, les liaisons synaptiques ne sont aucunement des causes primordiales ; elles permettent seulement de grouper et de mixer les ondes électromagnétiques qui, vecteurs primordiaux du sens, vont aux neurones.
Ces mixages après interprétations innées, ou interprétations innées et conscientes, permettent alors avec l’éducation et en fonction des expériences vécues, l’élaboration des références de valeur, des imageries virtuelles, des concepts, des idées,…, qui meublent le domaine de l’abstraction.
Quid dès lors, de l’entité créatrice qui interprète tout en structurant le cerveau ?
Voici d’ailleurs une petite expérience qui montre l’influence de l’éducation sur le "formatage", sur le "conditionnement" du cerveau.
Fixez les yeux pendant quelque vingt secondes sur les quatre points de l’image ci-dessous,
puis détournez le regard sur la partie blanche de cette feuille ou de l'écran.
Que voyez-vous ?
Cette vision n’est-elle point remarquable lorsque l’on sait que le cerveau, comme tout organe, ne fait rien mais permet de faire ?!

Concernant les modifications des connexions synaptiques, j’aimerais évoquer un phénomène personnel survenu en Crète (j’abandonne provisoirement le "nous" pour écrire à la première personne).
Un matin, très tôt, m’interrogeant à propos des processus qui permirent l’apparition de la vie, je fus objet d’une étrange réaction psychophysique, d’aucuns parleraient d’un phénomène paranormal, voire d’une révélation.
J’eus ainsi et subitement, une nouvelle et fulgurante compréhension du monde, tandis qu’une mystérieuse chape de chaleur s’abattait sur moi, envahissant tout le corps.
Je précise s’abattait pour signifier que cette chaleur interne m’apparut provenir de l’extérieur.
J’ai connu de grandes et diverses joies et les réactions du corps qui les accompagnent mais je puis dire que ce phénomène qui d’ailleurs ne se renouvela plus, fut tout à fait différent.
Quelle explication ai-je donné ?
Bien évidemment, ce n’était pas une manifestation de Dieu..
Mais alors, que s’est-il vraisemblablement passé ?
Il est de fait qu’avant cet évènement exceptionnel, mon domaine d’abstraction était empli de multiples informations dont bon nombre demeuraient non corrélées, à l’image d’une boite contenant en vrac, les pièces d’un puzzle.
Il n’est donc pas déraisonnable de croire qu’en raison de l’effort cérébral que je faisais ce matin là, certaines de ces informations furent subitement regroupées de manière cohérente.
Ce regroupement impliqua, dès lors, une réorganisation des liaisons synaptiques qui, compte tenu de sa globalité (de son importance), se traduisit par une réaction biophysique corporelle intense.
Néanmoins, je n’ai toujours pas compris pourquoi cette chaleur interne me parut provenir de l’extérieur.
Autre fait essentiel qui n’est jamais pris en considération :
il n’y a pas de contact entre les molécules qui constituent les liaisons synaptiques.
En effet, les molécules, les atomes et les particules qui constituent ces connexions, sont séparés par d’immenses vides comme les objets cosmiques (étoiles, planètes, ...).
Dès lors, problématique incontournable :
comment les incessantes informations et organisations de processus biologiques traversent-elles les insondables vides qui séparent les particules, les atomes et les molécules constituant les liaisons qynaptiques et le corps ?,
et ce, sans modification du "sens".
Nous l’avons déjà dit, cela est possible grâce aux ondes électromagnétiques.
Encore faut-il, bien évidemment, qu’elles soient reconnues et interprétées !
Hélas, nombre de grands esprits se satisfassont d’observations faciles, du genre :
"Au moment où elle a lieu l’illumination implique une part considérable d’affectivité, de sorte que l’on ne peut rester passif ou indifférent. La rare fois où cela m’est arrivé, je ne pouvais m’empêcher d’avoir les larmes aux yeux …" (cf. Matière à pensée – J. P. Changeux et Alain Connes),
voire ambiguës et absconses :
"Je pense que le mathématicien développe un sens, irréductible à la vue, à l’ouie et au toucher, qui lui permet de percevoir une réalité tout aussi contraignante mais beaucoup plus stable que la réalité physique, car non localisée dans l’espace-temps…." (cf. Ibid.).
Où réside cette réalité non localisée dans l’espace ?
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