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L'écriture apparut pour la première fois, nous dit-on, sur des tablettes d'argile il y a quelque 5000 ans, en basse Mésopotamie dans les "cités état" d'Ourouk, de Kish et d'Our.
Quelle que soit l'ancienneté 6, 7, 8000 ans, quel que soit le lieu, en Mésopotamie, dans la haute vallée de l'Indus, en Egypte, cette formalisation écrite (cette représentation écrite) de concepts, cette capacité particulière est mystérieuse.
Que pouvons-nous en dire ?
Certes, nous pouvons croire que l'apparition de l'écriture fut liée au développement d'activités commerciales ; ce fait fut-il pour autant, une cause primordiale ?
Non.
Les besoins d'échanger plus aisément des marchandises ont été des causes objectives (apparentes), secondaires du point de vue philosophique.
En effet, si les hommes concernés n'avaient pas eu les capacités d'abstraction (les potentialités cérébrales), adéquates et suffisantes, ils n'auraient jamais pu ni écrire, ni compter.
D’ailleurs, d’autres civilisations qui évoluèrent en Méso-amérique, des civilisations issues de plusieurs et très anciennes migrations indo-européennes (entre 80.000 et 20.000 ans av. J.C ?) savaient compter, elles aussi, par exemple à l'aide de nœuds sur des cordes.
Il en est de même pour le langage ; sous toutes ses formes, celui-ci traduit l'actualisation de moyens potentiels qui permettent la diffusion du "sens",
des moyens potentiels (des potentialités cérébrales) qui ont été développés tout au long de l'histoire humaine, et qui sont encore développés.
En d'autres termes, le langage, l'écriture et le pouvoir de compter relèvent de potentialités innées et de facultés transcendantes qui permettent de signifier de différentes manières.
Nous voici donc assez éloignés de la compréhension d'Engels, exprimée dans ses notes préparatoires à l'Anti-Dühring :
"Si, par exemple, dans nos pays les axiomes mathématiques sont parfaitement évidents pour un enfant de huit ans, sans nul besoin de recourir à un maître, ce n'est que la conséquence de l'hérédité accumulée".
Hélas de nos jours, il n’est guère débattu de manière crédible, de la "nature" (de l'"ordre") de telles facultés et encore moins, du domaine intemporel où résident les potentialités (où demeure ce qui est à l’état potentiel).
Et cependant, il est aisé de mettre en évidence, à la lumière de récentes découvertes scientifiques, le "réalisme" (l'existence) de références universelles de valeur, de modes structurels immuables, de processus invariants, de forces psychiques, d'anticipations, ... , qui "meublent" le mystérieux domaine de l'abstraction.
Il est vrai, il s'agit d'une conceptualisation révolutionnaire qui nécessite que l’on contienne les formalisations scientifiques dans leur domaine de validité, notamment pour que les compréhensions du monde soient ouvertes à (intègrent) l'ordre transcendant.
En ce début de troisième millénaire, l’esprit en quête des causes primordiales, peut en effet associer plus qu’hier, et se doit de le faire, ce qui est "sensible" et ce qui est "potentiel",
c’est à dire, peut reconnaître des liens entre les activités physiques (par exemple, celles qui conduisent aux différents états physiques du réel) et les activités de création d’ordre transcendant, en particulier exprimées par les potentialités génétiques.
L’invariant et l’évolutif, l’éternel et l’historique, le réel et le virtuel, caractérisent le monde !
Platon et Plotin ne nous démentiraient point.
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F. Jacob, voyait dans la polyvalence des structures vivantes comme les organes, le "bricolage" de l'évolution et parlait de la Nature comme d'un opérateur susceptible de créer la diversité "en combinant sans fin les mêmes morceaux et les mêmes fragments". (cf. Le jeu des possibles - 1991).
Or un opérateur, quel qu’il soit, pour combiner doit reconnaître, juger, choisir, anticiper, …, décider et agir, et ainsi doit pouvoir se situer hors de la réalité sensible tout en étant impliqué en elle.
De ce fait l’actualisation de potentialités ne résulte pas de bricolages ; d’ailleurs, il n'est nul besoin d'être grand clerc en génétique pour reconnaître le rôle majeur des incessantes activités de création, d’ordre physique et d’ordre transcendant, qui se déroulent dans les cellules.
Sans de telles activités destinées à surmonter les contraintes quotidiennes et à rechercher la nouveauté par le biais de potentialités génétiques, il n'y aurait pas de vie ni d’évolutions des espèces.
Nous voici donc fort éloignés du darwinisme communément reconnu et enseigné de manière quasi dogmatique, par les paléontologues.
Souvenons-nous des théories qui fleurirent après la découverte de Lucy en 1974 et incitèrent à croire que les modifications climatiques apparues en Afrique il y a quelque huit millions d'années,
et la "bipédie",
furent en tant que causes essentielles, à l’origine du phylum humain.
Soyons rigoureux dans l’analyse des phénomènes ; ce phylum (comme tous les autres d’ailleurs), les comportements et tous les phénomènes résultent d’actualisations de potentialités singulières.
Pour monter aux arbres, par exemple, il faut disposer, préalablement, de potentialités génétiques, physiques et psychiques adéquates, notamment celles qui sont nécessaires pour le maintien en position verticale,
les contraintes environnementales n’étant que des causes objectives du moment.
Plus généralement, les potentialités sont actualisées (matérialisées),
et pour de nécessaires individualisations,
et en fonction de l’environnement.
En réalité, les évolutions des espèces sont caractérisées par de longues périodes de stabilité entrecoupées de changements rapides,
des faits qui, bien entendu, doivent être analysés en prenant en compte la dynamique de la matière inerte.
C’est pourquoi,
sachant que les transitions de phase et les dédoublements de périodes sont des faits inexorables observés lors de l'accroissement de complexité des phénomènes physiques (des comportements de type chaotique avec dédoublement de période sont observés jusqu'au niveau le plus élémentaire de la matière),
nous reconnaissons aux individus des lignées marquantes un "potentiel génétique" non seulement caractéristique de leur niveau de complexité mais aussi susceptible de s'accroître par le biais d'incessantes activités de création, d'ordre physique et d’ordre transcendant, jusqu'à parfois atteindre des seuils critiques conduisant à des sauts structurels remarquables.
La reproduction par mode sexué en est l'exemple type.
Observez que cette compréhension s'accorde avec la théorie des "Equilibres ponctués" émise par MM. Eldredge et Gould.
Elle aide également à mieux saisir pourquoi les individus des lignées marquantes sont "ouverts" à plus de complexité, bien que tous soient composés d’entités biologiques communes à l’ensemble des êtres.
Plus de complexité,
en raison de quelle intentionnalité primordiale ?,
pour quelle impérieuse nécessité ?
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