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Les maladies (qui sont des anormalités) furent longtemps considérées comme les résultats de "chocs" physiques ou d’"agressions" biophysiques (virus, microbes, bactéries),
désormais, elles sont également reconnues dépendre parfois de l'état psychique du patient.
Ainsi, que penser de celui d’un individu qui apparemment sain de corps et d'esprit, a cependant une peur bleue de la plus petite araignée ?
Cette peur ne résulte-t-elle pas d'une anomalie psychique provenant, non pas d'un défaut structurel majeur du cerveau, mais d'un "défaut de construction des imageries cérébrales virtuelles" qui servent de référentiels ?
Certes.
La désespérance qui conduit les adolescents au suicide, et les déséquilibres psychiques liés à l'absorption de drogues, sont par exemple, les expressions type de ces inadéquations entre les référentiels virtuels qui meublent le domaine de l’abstraction et la réalité.
Désormais nous savons aussi, que la personne qui a peur de certains animaux réagit, de manière innée, à leurs images présentées par voie subliminale (réactions quantifiées par la mesure de la conductance cutanée).
Nous savons également que ces inadéquations lorsqu'elles sont exprimées par des peurs et des phobies, peuvent être tempérées, voire annihilées par quelques leçons explicatives qui permettent de restructurer les références cérébrales abstraites,
des restructurations qui nécessitent, ipso facto, la modification des liaisons synaptiques (des liaisons entre les neurones).
Il n'est donc pas étonnant que le "manque de réalisme" de références cérébrales virtuelles puisse conduire à des dépendances et parfois, à des maladies.
En outre, puisque nous avons des relations avec la biomasse et le réel, en quoi ces non-harmonies, ces inadéquations entre les imageries virtuelles qui servent de référentiels, et le réel, concernent-elles les différents niveaux structurels du corps, y compris le niveau quantique ?
Songez aux "évènements quantiques" comme les particules élémentaires, qui constituent le fondement de notre identité physique et nous enracinent dans l’univers.
Problématique subtile qui ne semble guère intéresser les philosophes, et à laquelle il est bien difficile de répondre.
Nous postulons néanmoins, qu'il existe des limites à l'impact du quotidien sur le primordial,
une compréhension que nous étayons volontiers par le fait qu’il existe des structures biologiques pratiquement inviolables et que le nombre de voies évolutives est limité.
D’ailleurs, Platon fut très probablement sensible à cette contrainte (à cette non-liberté) lorsqu’il imagina son monde des formes éternelles ; notons qu’il en est différemment pour les concepts et les idées, particulièrement pour les anticipations et les rêves qui nourrissent et meublent le domaine de l’abstraction.
Que ne fait-on pas en rêvant ?, au cours de ces voyages virtuels !
D’autre part, puisque les "anormalités" sont souvent l’aboutissement des incessantes activités de recherche qui ont lieu dans les cellules, nous sommes convaincus que certaines "non-normalités" concernent le devenir de notre espèce.
Nous pensons par exemple, à l'"ADN rebut" qualifié ainsi parce qu’il n'intervient pas, semble-t-il, dans les actuels processus de vie.
Dès lors, gardons-nous des monistes comme Binswanger, l'initiateur de l'analyse existentielle, et de leurs attendus simplistes selon lesquels l'anormalité est le fruit d'expériences de la Nature.
Nous n'avons cesse de l’argumenter, la Nature, de par son seul ordre physique, n’est pas un "opérateur" disposant des facultés qui permettent de reconnaître, juger, choisir, ..., respecter des repères de valeur comme les durées ces intervalles qui ne sont pas de l’espace.
En revanche, la dynamique de la Nature demeure conditionnée par d’incessantes recherches de la nouveauté qui présupposent un extraordinaire foisonnement de flux d'informations et d’organisations de processus à la discrétion d’une entité créatrice maître du sens.
A propos de la nécessaire maîtrise des repères de valeur, notamment des durées, citons deux anormalités, la progenèse ou hypomorphose (maturité sexuelle précoce) qui s’accompagne d’arrêts de la croissance, et à l’inverse, l’hypermorphose qui permet des croissances prolongées.
Ces deux hétérochronies sous-tendent en effet, des prises en compte anormales de durées lors du développement de l’individu.
Cependant, là encore, gardons-nous des discours désormais banal, du genre :
"Certains gènes déterminent la chronologie des divisions de nombreux types cellulaires, par exemple les divisions qui caractérisent la chronologie du développement.".
Les gènes ne déterminent rien, ne font rien, ils permettent de déterminer et de faire !
Plus précisément, les gènes sont des segments d’ADN constitués, en moyenne, de 45.000 bases de types : A – adénine, T – thymine, G – guanine, C – cytosine, soit 15.000 codons (ainsi, l’ADN humain comporte quelque 30.000 gènes ce qui correspond à environ 450 millions de codons).
Ils sont séparés par des structures moléculaires dites inter géniques tel les exons qui permettent de fabriquer des protéines suivant des informations et des organisations de processus génétiques extrêmement précises, et les introns qui seraient sans action.
Vous l’avez remarqué, nous parlons de structures moléculaires biologiques qui permettent de fabriquer et non, comme le disent les biologistes, de structures qui fabriquent car nous estimons que la reconnaissance, les jugements, les choix, …, et les décisions relèvent d’un ordre transcendant et non de l’ordre physique de la matière.
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Interrogeons-nous à propos des assuétudes, des addictions, ces émergences d’anormalités dans la normalité, qui se manifestent parfois, après avoir vécu des expériences existentielles particulières.
Ces non normalités ne sont pas tout bonnement des :
"champs de conduites caractérisées par des actes répétés dans lesquels prédomine la dépendance à une situation ou à un objet matériel qui est recherché avec avidité",
comme le dit Pedinielli sans préciser, remarquons-le, ce qui est primordial dans de tels champs.
Elles présupposent des incitations d'ordre transcendant et des facultés de même ordre,
des incitations qui lorsqu'elles ne sont pas "contrôlées" conduisent souvent à la démesure ou (et) à la dépendance,
Les exemples abondent, citons :
- les toxicomanes qui, désireux de fuir les contraintes et les aléas de l’existence, tentent de rejoindre des mondes virtuels étranges en absorbant des substances qui provoquent des déséquilibres psychiques.
Mais pourquoi ont-ils l'impression de vivre différemment ?
Est-ce uniquement parce qu'ils rêvent ?
C’est plus que cela.
Du fait d'inadéquations majeures entre leurs perceptions sensorielles et les imageries cérébrales virtuelles qui leur servent de références, leur domaine de l’abstraction est en partie déconnecté du réel, et des dysharmonies entre leur psychisme et la réalité, apparaissent.
Corrélativement, les organisations de processus à effet biologique et de processus à effet comportemental qui permettent les équilibres existentiels, perdent leur efficience ce qui provoque des dysfonctionnements physiques et psychiques.
- les boulimiques, ces "toxicomanes de l'excès" (de la nourriture, des achats, des comportements à risques, ..., voire de la sexualité),
- les anorexiques qui, privilégiant sans cesse un idéal, refusent de s'alimenter (par exemple, certaines femmes qui veulent absolument ressembler aux top-modèles),
- les joueurs invétérés qui, tout d'abord intéressés par le monde des jeux, puis progressivement de plus en plus assujettis, se trouvent face à des contraintes sociales rapidement insupportables et sont souvent l’objet d’états pathologiques,
autant de comportements qui s'accompagnent d'un "enfermement" de l’individu dans le monde abstrait qui lui sert de référence, monde de virtualités qui comporte des non-normalités conduisant au rejet de certaines réalités.
Nous voici donc assez éloignés de la compréhension freudienne selon laquelle la plupart des désirs intenses découlent de frustrations primitives, par exemple, les frustrations associées au complexe d’Œdipe.
Bien évidemment, nul ne peut nier que l'appel à la création par voie sexuelle, est, parmi les besoins innés, celui qui mobilise le plus, l'ensemble des êtres.
Néanmoins ce fait incontestable traduit une "motivation plus essentielle" : créer,
un impérieux devoir que doit assumer l'entité d’ordre transcendant, impliquée dans le monde.
Cependant, pourquoi cette entité de caractère divin, est-elle non omnipotente ?
Les théologiens du troisième millénaire ne pourront pas ignorer cette problématique !
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