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Contraintes universelles
Soyons-en conscients, les sciences, seules, ne permettrons jamais d’atteindre les causes primordiales qui sont à l’origine de l’extrême diversité du monde, d’autant plus que malgré les incessantes recherches des savants, aucune théorie physique qui permettrait de révolutionner notre entendement du réel, n’a été émise depuis plus d’un demi siècle.
Rappelons en outre, que les lois et leurs formules physiques, chimiques et mathématiques, n’ont pas pouvoir ; elles ne sont que les symbolisations singulières et contextuelles de comportements immuables, et qui dit comportements immuables sous-entend : contraintes inexorables sans aucun degré de liberté.
Voici celles qui nous paraissent les plus remarquables,
- les constantes universelles bien que celles-ci soient rarement reconnues comme des contraintes (les énumérer ne conforterait guère plus notre discours).
Néanmoins, à leur propos, soyons critiques envers les physiciens qui tentent de nous faire croire que si elles étaient différentes, l’univers ne serait pas le même.
Les constantes universelles sont les fruits de contraintes inexorables.
Il convient donc de dire, à l’inverse de ces scientifiques :
si l’univers était autre, les contraintes universelles seraient différentes,
mais aussi, grand mystère, le monde est ce qu’il est, et il ne peut en être autrement !
- la contrainte de type relativiste, qui nous conduit à juger et à choisir en fonction de critères de valeur de caractère antonyme : positif - négatif, ..., vrai - faux, ..., bien – mal,
- les modes d’agencement invariants comme les similitudes universelles et les invariances d’échelle.
Pourquoi ces modes ?
N’est-ce point parce qu’ils dépendent (ces schémas type d’évolution), eux aussi, de contraintes universelles inexorables et insurmontables ?
Nous en sommes convaincus.
En d’autres termes, dans l’univers tout n’est pas possible ; ainsi, nous savons que les quelque 10.000 évènements quantiques détectés ou imaginés par les physiciens (pour 7 à 8000 noyaux envisageables, 2000 noyaux plus ou moins reconnus et environ 250 noyaux stables) ne permettent de faire qu’une centaine d’éléments chimiques (105 : oxygène, hydrogène, fer, …).
Curieusement donc ces invariabilités "traversent" tous les niveaux de structuration de la matière et "cohabitent" avec les brusques changements structurels (les sauts structurels) qui caractérisent la dynamique universelle.
Citons par exemple, les transformations de phénomènes en deux post-phénomènes (et non en deux sous-phénomènes ou sous-systèmes comme cela est généralement dit).
Mais alors, comment expliquer ces duplications ?
Faut-il se satisfaire du discours scientifique actuel ? du genre :
"L’invariabilité d’échelle suggère que des solutions de l’équation généralisée de Schrödinger, agissant dans l’espace standard ordinaire, conduisent à des duplications spontanées lors d’une augmentation de l’énergie du système.".
Evidemment, une solution d’équation, voire des équations, des lois et des principes, ne peuvent agir ; néanmoins nous retenons l’idée d’accroissement.
Nous postulons même, que ces dédoublements sont des contraintes corrélatives d’accroissements substantiels non seulement d’énergies mais aussi d’informations et d’organisations de processus dans la matière.
Pensons au dédoublement qui caractérise les cellules mâles et femelles !
- les états critiques qui apparaissent lors de la complexification de la matière et qui, reconnus chaotiques, sont symbolisés sous le couvert de paramètre d'ordre, d'exposant critique, de longueur de corrélation, ...,
états souvent situés dans un espace où les voies d’évolutions sont différentiées.
- les états répétitifs transposables (baptisés "attracteurs") qui caractérisent la dynamique des phénomènes.
Ces états forment parfois, des ensembles cohérents ; par exemple, les structures "clé" qui permettent la complexification de la matière.
Parmi celles-ci, citons les quatre pôles structurels immuables que sont les matrices génétiques : Adénine, Cytosine, Guanine et Thymine.
- l'exceptionnelle propension du carbone soit à "adopter", soit à "prêter" des électrons périphériques.
De ce fait, quelques composés du carbone, de par leur propriété de complexification à l'extrême, sont les molécules fondamentales qui permirent l’apparition de la vie, qui permettent la vie,
ce qui montre à l’évidence, l'étroitesse du couloir qui mène au monde animé.
Certes le silicium, le germanium, l'étain et le plomb présentent aussi ce particularisme mais à un degré moindre, rendant ainsi rédhibitoire l’élaboration de structures animées fiables.
L’existence de tels passages obligés, atteste également de contraintes universelles limitant le nombre de processus d’évolution possibles.
- l'impérieux rôle de l'eau sous forme liquide, pour les structures vivantes,
et celui de quelques éléments chimiques en très petite quantité, comme le molybdène, le sélénium, l'iode et le tungstène.
- le processus spécifique, voire incontournable, de transmission d’énergie propre au phénomène de la vie.
En effet, le "travail physique" effectué par les individus est rendu possible par une réaction chimique type ; il s’agit de l’hydrolyse d’un curieux vecteur d’énergie : la molécule d’Adénosine TriPhosphate (ATP en langage de spécialistes),
hydrolyse qui conduit à la formation de diphosphate (ADP) et de phosphate.
Pourquoi existe-t-il un tel moyen de transmission de l’énergie chez (pour) les êtres ?
Ce choix, bien évidemment, n’est pas le fruit du hasard.
Le hasard, souvent reconnu comme cause de la diversité des choses et des êtres, traduit en réalité, notre petit entendement du monde, un fait qui est aussi une contrainte inexorable.
Ce choix ne dépend pas davantage de la Nature comme le disent de nombreux biologistes. (cf. Why nature chose phosphates ? - Pourquoi la Nature a-t-elle choisi les phosphates ? - Frank Westheimer).
La nature n’est pas un opérateur, mais un ensemble d’actualisations de potentialités,
actualisations qui sont représentatives d’activités de création d’ordre physique et d’activités de création d’ordre transcendant.
Par exemple, la dynamique de la Nature nécessite la prise en compte permanente de repères de valeur, comme les durées ces intervalles qui ne sont pas de l’espace mais d’ordre transcendant.
D’ailleurs, toute dynamique présuppose des facultés qui permettent de reconnaître, choisir, …, agir,
et atteste d’un dessein primordial, de déterminisme et de contraintes.
- le mode de structuration de l’ADN.
L’ADN est structuré sous forme d’une double hélice, rarement sous forme d’une seule, sauf pour quelques virus ; il en est de même pour l’ARN, ancêtre de l’ADN.
Dès lors comment ne pas voir dans cette configuration, la seule qui permette d’assurer, au mieux, la fiabilité et la réplication du patrimoine génétique, et en cela comment ne pas voir également en elle, une singulière et impérieuse contrainte qui permet le développement du phénomène de la vie ?
- le rôle des enzymes.
Selon C. de Duve (Nobel) :
"Le protométabolisme ne bénéficiant pas du support d’enzymes, doit nécessairement avoir été fort différent du métabolisme qui repose entièrement sur des enzymes. Et, cependant, le métabolisme ne pourrait pas être apparu sans reprendre nombre de voies du protométabolisme, ou du moins, des substances qui y participent….. Non seulement les enzymes ne sont sélectionnées que si elles s’inscrivent dans le protométabolisme, comme on l’a fait valoir, mais les réactions du protométabolisme ne sont reprises dans le métabolisme que pour autant que naissent et soient sélectionnées les enzymes qui les catalysent. En d’autres termes, protométabolisme et enzymes se sélectionnent mutuellement. Il s’en suit que l’apparition des premières enzymes pourrait avoir créé un important goulet dans le développement de la vie, un passage clé de ce qui a pu être un protométabolisme « sale » à un métabolisme plus « propre »." (cf. Singularités).
Or, ces propos ne sont acceptables que pour le discours scientifique car,
d’une part, il s’agit plus que d’un passage clé mais d’un passage obligé (d’une contrainte) à l’instar du passage par l’élément carbone et par l’eau pour que le phénomène de la vie émerge,
d’autre part, l’expression protométabolisme et enzymes se sélectionnent mutuellement s’avère, pour l’esprit en quête des causes primordiales, une dérive majeure de l’entendement ; en effet, le protométabolisme est un processus, et les enzymes sont des ensembles de molécules qui, de par leur seule nature (ordre) physique, ne peuvent pas reconnaître, juger, …, sélectionner et agir.
- la permanence de certaines espèces.
Les procaryotes (les bactéries) qui sont des modes de vie primitifs, constituent en effet la "grande masse" des êtres.
Les bactéries occupent tous les espaces comportant de l'eau à l'état liquide, même ceux soumis à de fortes pressions (en dessous cependant de températures élevées).
A titre indicatif, quelques grammes de terre en recèlent des milliards et elles constituent, en poids, environ 3% de notre corps (la plupart, en association interactive avec l'organisme, sont indispensables à nos équilibres de vie ; pensons aux bactéries qui constituent la flore intestinale).
L'omniprésence de l'état bactérien relativement inchangé depuis quelque 3 milliards d'années et, dans une moindre mesure, l'extraordinaire variété des insectes (environ un million d'espèces répertoriées pour seulement 4.000 espèces de mammifères), confirme donc amplement, que l'objectif apparent manifesté par le phénomène de la vie :
"sans cesse plus de complexité", connaît des limites,
et, ipso facto, que toutes les voies d’évolution ont leurs contraintes.
- les pertes inéluctables d’informations qui affectent les perceptions, quelles qu'elles soient, lors de la traversée des organes sensoriels ; il s’agit d’une contrainte inexorable.
Par bonheur néanmoins, les êtres peuvent vivre en ne connaissant que quelques vérités relatives et suffisantes.
- le caractère fractal et subordonné des composants de l’univers.
Songez à la structuration des atomes et des molécules,
aux phylums,
même, aux liens transcendants (logiques ou non) qui permettent la cohérence des structures abstraites comme les pensées.
- les latences qui affectent les évolutions du phénomène de la vie et corrélativement, celles du psychisme.
Citons, par exemple,
les milliers d’années de quasi non apport créatif important, qui séparèrent l’ère des pierres grossièrement taillées, de l’ère des premières pointes de flèches,
ou le fait que le bébé homme n’a conscience de lui-même qu’à l’age d’environ 18 mois après que les premières expériences vécues, aient permis de développer suffisamment la structuration de son cerveau.
Ces latences sont ainsi, des exemples patents de servitudes, de contraintes que l’entité créatrice qui anime les êtres, ne peut annihiler.
- le caractère sacrificiel de la dynamique universelle.
Songez aux innombrables et incessantes luttes, plus ou moins mortifères, qui se déroulent à tous les niveaux structurels des êtres.
Songez également au fait que nous sommes obligés de consommer des êtres, les plantes et les animaux, tout en essayant de pérenniser la vie.
Nous pouvons même dire que l’existence d’un individu, impose d’incessantes activités de création, des conflits permanents et des mises à mort nécessaires.
Quelle mystérieuse gageure !
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