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Les contraintes dont dépend la dynamique évolutive de l’univers, sont encore nombreuses, néanmoins poursuivre leur énumération ne conforterait guère plus notre discours.
Bien évidemment, ces contraintes ne résultent pas de coïncidences systématiques ni de "bricolages malheureux", et ce ne sont pas les théories purement scientifiques qui permettront jamais, d'en cerner les causes primordiales.
Pour cela, et notamment à propos du déterminisme, de la normalité et des degrés de liberté, voire du hasard que nous pouvons associer,
nous devons analyser les phénomènes avec une très grande ouverture d’esprit et une extrême rigueur sémantique.
Les théories scientifiques et philosophiques, souvent colportées par des maîtres à penser trop imbus de leurs connaissances, peuvent alors être lues sous de nouveaux éclairages.
Ainsi :
"Au déterminisme toujours partiel …, correspondent étroitement l'usage et le domaine de validité de la loi scientifique, sur lesquels il n'y a pas de débats." (cf. J. Ullmo - La Pensée scientifique moderne).
Il est vrai, nous dirons même, qu’il n’y a jamais débat à propos de ce que les lois universelles représentent vraiment, et présupposent.
Or, il apparaît clairement que celles-ci ne gouvernent pas l’univers mais sont uniquement les expressions (les formalisations) de comportements immuables et d’évolutions possibles,
des comportements et des évolutions qui résultent d’actualisations de potentialités, c’est à dire d’activités d’ordre physique et d’activités d’ordre transcendant.
Autre exemple,
"Tous les évènements, ceux même qui par leur petitesse semblent ne pas tenir aux grandes lois de la nature, en sont une suite aussi nécessaire que les révolutions du soleil.
Dans l’ignorance des liens qui les unissent au système entier de l’univers, on les a fait dépendre des causes finales ou du hasard, suivant qu’ils arrivaient ou se succédaient avec régularité, ou sans ordre apparent, mais ces causes imaginaires ont été successivement reculées avec les bornes de nos connaissances et disparaissent entièrement devant la saine philosophie, qui ne voit en elles que l’expression de l’ignorance où nous sommes des véritables causes." (cf. Pierre-Simon Laplace - Théorie analytique des probabilités – Introduction, tome 7).
Oui, nous sommes enclins, comme le font les scientifiques dans leur immense majorité, à faire dépendre la dynamique de l’univers, cet incommensurables chantier à jamais inachevé, de causes plus ou moins finales auxquelles nous associons volontiers, quelques touches de hasard et de processus aléatoires,
ce hasard qui, bien que décliné de diverses manières :
- chance en tant qu’imprévu,
- aléatoire lorsqu’il y a quelques formalisations possibles des phénomènes par le calcul, notamment des probabilités,
- contingent avec son alternative "peut se produire ou non",
traduit la petitesse de notre capacité consciente à entendre le monde.
A propos de notre petite capacité à comprendre le monde, citons le problème du chat imaginé en 1935 par Erwin Schrödinger (1887 - 1961), l'un des pères fondateurs de la mécanique quantique.
Supposons un chat enfermé dans une boite contenant un dispositif destiné à le tuer dès que commence la désintégration d’un noyau radioactif.
Puisque le début de cette désintégration ne peut pas être précisé par des moyens expérimentaux mais seulement estimé par un calcul de probabilité, ce n’est donc qu’en ouvrant la boite que nous savons si ce chat est mort ou vivant.
Prenons néanmoins garde aux interprétations philosophiques erronées qui fleurirent alors ; cette incertitude ne concerne en rien le réalisme physique des choses (le fait que des évènements soient bien réels).
Que, pour nous, ce chat soit à la fois, mort et vivant, est une conjecture parmi les idées, les concepts, …, les anticipations, …, qui meublent notre domaine de l’abstraction,
un domaine que l’on peut comprendre comme l’expression singulière d’un monde inaccessible par l’expérimentation : le monde transcendant des potentialités et des virtualités.
Hélas, ce monde mystérieux associé au réel et dénommé par nos soins : spacimplicatio,
ce monde de caractère universel en raison de son ordre transcendant et au sein duquel se déroule notre vie spirituelle,
demeure ignoré par les philosophes et les théologiens !
Quant à l’entité créatrice impliquée dans l’univers,
qui, "en nous", doit sans cesse œuvrer et chercher sans pouvoir annihiler certaines contraintes et anormalités,
qui "par" l’intermédiaire du je (moi, ego, sujet, esprit) en qui elle se reconnaît, révèle les limites de ses pouvoirs et de sa liberté, avouant ainsi qu’elle n’est pas omnipotente bien que de nature divine,
qui ose en parler ?,
qui osera en parler ?
Paul Moyne
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