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Pouvoirs et forces, énergies et matière

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Pouvoirs et forces, énergies et matière Version imprimable Suggérer par mail
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Pouvoirs et forces, énergies et matière
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       Pouvoirs
et forces,
     énergies
et matière


Les termes pouvoir, force, énergie et matière sont des mots génériques dont il convient de connaître non seulement l'extrême variété des phénomènes qu'ils permettent d'exprimer, mais aussi les plages de validité.

pouvoir, force, énergie et matière sont des mots génériques dont il convient de connaître non seulement l'extrême variété des phénomènes qu'ils permettent d'exprimer, mais aussi les plages de validité.

 

Par bonheur,
grâce aux sciences "dures" nous pouvons découvrir et représenter quelques effets et "états d'être" des énergies physiques, ces moyens universels qui permettent de fonder les matières
inerte et animée,
tandis que les sciences de la vie conduisent désormais à concevoir des énergies plus subtiles inhérentes au monde transcendant des idées et des formes éternelles,
cher à Platon et à Plotin.
Encore faut-il ne pas se référer par trop aux formalisations scientifiques, ne serait-ce que parce que les lois et les principes ne dirigent aucunement l'univers comme cela est communément prôné.

Que pouvons-nous dire, raisonnablement ?

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Cette étude qui s'efforce de cerner les pouvoirs primordiaux, ne peut ignorer, bien évidemment,
- et le mystérieux domaine, où se sont développés et se développent encore, les concepts, les idées, ..., les théories qui participent de notre compréhension du monde ; nous voulons parler du domaine de l'abstraction où sont mémorisées les expériences passées, jugées dans un moment sans durée (le présent), pour anticiper,
- et corrélativement, le développement du psychisme de l'homme.
Fait essentiel, ce psychisme fut l'objet de constants accroissements en capacités d'abstraction, qui conduisirent à des accroissements de capacités de conceptualisation particulièrement remarquables, notamment :

 - celui qui permit à nos lointains ancêtres de commencer à communiquer par des langages écrits constitués de gravures et de dessins primaires (ossements entaillés, gravures rupestres, ...).
En ordre de grandeur, situons cet accroissement des capacités de conceptualisation vers - 30.000 ans avant notre ère, tout en rappelant que nous ne prenons conscience de nous-mêmes, qu'à l'âge de quelque 18 mois et que le chimpanzé manifeste un proto état de conscience.
Comment les hommes de cette époque percevaient-ils, et dénommaient-ils, les pouvoirs dont ils étaient porteurs et les forces associées aux phénomènes ?
Personne jamais, ne pourra répondre si ce n'est en affirmant que leur intellect ne leur permettait pas de les différencier ; au Néolithique (9000 ans av. J.C.) d'après les fossiles, à peine semble-t-il, commençaient-ils à vénérer le crâne.

- puis l'accroissement des capacités de conceptualisation qui permit l'apparition d'écritures plus subtiles attestant ainsi de davantage de capacités d'abstraction, en particulier, du pouvoir de compter ; citons par exemple la naissance du cunéiforme en basse Mésopotamie vers la fin du IV ème millénaire avant J.C., suivie par celles du hiéroglyphe égyptien et de l'idéogramme chinois.
Ce fut également le début de différenciations notables entre les puissances associées aux phénomènes et les pouvoirs inhérents au corps, et ce sous le couvert de dieux, de déesses et de démons.
Ainsi, les prêtres mésopotamiens (2.000 ans avant notre ère), voire les prêtres sumériens (4.000 ans...),
tous observateurs privilégiés du comportement des êtres avant la mort puisque ordonnateurs des sacrifices d'animaux, et même d'hommes,
les reconnaissaient  dans les viscères, plus précisément dans la vésicule biliaire.
Quant aux prêtres égyptiens, probablement dès quelque 3.000 ans avant J.C., ils les imaginaient dans le cœur pour la connaissance et l'intelligence, dans la poitrine pour le courage, dans le ventre pour les activités physiques.

- beaucoup plus tard, survint la période faste de l'imaginaire humain qui perdure encore de nos jours, celle qui vit naître et fleurir la philosophie grecque et la sagesse indoue ; ce fut l'époque des Pythagore (- 580 ?, - 497 ?), Démocrite (- 460, - 370), Hippocrate (- 460, - 377), Platon (- 427, - 347), Aristote (- 384, - 322), Confucius (- 551, - 479), ...
En particulier, la problématique posée par les pouvoirs mystérieux associés aux êtres y était omniprésente.

Souvenons-nous :

Pythagore imaginera deux entités essentielles,
- une, le Phrenes (l'intelligence) sise dans le cerveau,
- la seconde, le Thumos (la partie active de l'âme) dans le cœur, 
entités considérées comme principes vitaux.

Démocrite privilégiera le cerveau où selon lui, réside l'intelligence ; pour l'histoire, rappelons qu'après avoir médité sur les fines particules qui composent la poussière, il "proposa" la notion d'atome qui depuis a fait école !
Hippocrate considèrera les principes vitaux comme véhiculés par l'air,
tandis que Aristote verra dans les nerfs, les vecteurs dans le corps, d'une puissance vitale qu'il nomma entéléchie.

N'oublions pas,
Erasistrate d'Alexandrie, médecin (- 320 ?, - 250), qui pensait que l'énergie vitale nécessaire au corps (pneuma zoticon) va au cœur grâce aux veines pulmonaires, tandis que l'énergie vitale nécessaire au psychisme (pneuma psychicon) rejoint le bulbe rachidien par l'intermédiaire des nerfs,
et beaucoup plus tard,
Galien (131, 201), médecin grec influencé par les platoniciens et dont les avis firent autorité en Occident jusqu'au XVII ème siècle, qui imagina un pneuma trine composé de :
- un pneuma physicon inhérent aux aliments et destiné au foie où résiderait le pouvoir qui anime le corps,
- un pneuma zoticon qui, véhiculé par les veines jusqu'au cœur, agirait comme médiateur entre le pouvoir animant le corps et le pouvoir des sentiments et des passions,
- un pneuma psychicon qui, transporté au cerveau par le sang, serait nécessaire à l'intelligence et aux facultés.

Il convient également de citer le concept majeur datant de ces époques : l'âme, qui a traversé les siècles, même si nous devons aujourd'hui le reformuler.
Ainsi, Platon dans Phèdre, imaginait l'âme comme un attelage que son cocher ne peut maîtriser, à cause de nombreux conflits internes.
Quant à Aristote, il voyait en elle, l'"entéléchie première (l'état de perfection) d'un élément naturel ayant la vie en puissance" (cf. De l'âme, II, 1, 412 a 38-39) ; à notre connaissance, aucun de nos anciens maîtres ne proposa une plus "moderne" compréhension de l'âme.
Imaginer qu'un élément naturel a la vie en puissance, n'est-ce point pressentir le caractère universel du phénomène de la vie ?

En parlant d'Aristote, Michel de Montaigne avait néanmoins noté les ambiguïtés qui affectent la notion d'âme :
"Ce qui naturellement fait mouvoir le corps, qu'il nomme entéléchie, d'une autant froide invention que nulle autre, car il ne parle ni de l'essence, ni de l'origine, ni de la nature de l'âme, mais en remarque seulement l'effet. " (cf. Essais, II, 12),
ambiguïtés que l'on retrouve dans les traductions bibliques :
- version française,
"Seulement tu veilleras à ne pas manger le sang, car le sang, c'est l'âme ; tu ne mangeras donc pas l'âme avec la viande. Tu ne le mangeras pas mais tu le verseras par terre comme de l'eau." (cf. Dt. 12, 23-24),
- version espagnole,
"Tan sólo ten cuidado de no comer la sangre, porque la sangre es la vida, y no comerás la vida con la carne. No la comas ; derrámala en tierra como el agua. " (cf. Dt. 12, 23-24).
Le sang était -ce l'âme ou la vie ?
Quel exégète répondra avec assurance ?

Par bonheur de nos jours, considérant le corps comme une identité physique "réceptacle" des cellules, nous pouvons imaginer, avec force arguments, l'âme comme une identité spirituelle réceptacle purement abstrait des activités d'ordre transcendant qui caractérisent chacun d'entre-nous.

Néanmoins l'âme est encore reconnue, à l'instar de saint Augustin, comme un opérateur disposant d'un pouvoir mystérieux :
"L'âme commande au corps : sur-le-champ elle est obéie ; l'âme commande à l'âme : elle éprouve de la résistance.",
un opérateur (un pouvoir) qui ne serait pas seul :
"Mais c'est qu'elle n'est pas toute à vouloir, aussi n'est-elle pas toute à commander. Car autant qu'elle veut, elle commande, et, autant qu'elle ne veut pas, ce qu'elle commande ne se fait pas, puisque la volonté commande qu'il y ait volonté et non pas une autre qu'elle, mais elle-même. " (cf. Confessions - Livre VIII, 9).

 Nos illustres ancêtres discutaient donc de multiples pouvoirs, alors qu'aujourd'hui, nous pouvons et devons argumenter la multiplicité des expressions d'un même pouvoir !

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