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La période fertile de l'imaginaire humain qui commença quelque six siècles avant J.C., permet en outre de jeter de puissants éclairages sur un mystérieux pressentiment, celui d'un au-delà du monde.
Ce pressentiment a d'ailleurs été exprimé à partir du Néolithique avec comme rite significatif : la momification qui connut son plein épanouissement dans l'antique Egypte.
Parmi ces éclairages, le plus révolutionnaire fut sans nul doute celui émis par Platon et sa sensibilité à l'Unitaire, aux virtualités et au monde des idées et des formes éternelles.
Platon imaginait par exemple l'Un comme étant composé de l'être et du non-être dans la diversité de leur hiérarchisation (le supérieur, l'égal, l'inférieur) et de leurs domaines, notamment celui immuable de "l'intelligible".
En ce qui concerne l'Idée, de par la pureté absolue qui l'idéalise et la créativité potentielle qui la caractérise, il la reconnaissait comme la cause absolue intemporelle qui fait que les choses sont ce qu'elles sont.
Ces compréhensions présupposent donc des distances autres que spatiales (des entre-deux des choses autres que spatiaux) et des états stables dans un monde en perpétuel mouvement.
Hélas ces voies de recherche permettant de cerner la nature primordiale du monde,
bien qu'empruntées par des mystiques de renom à l'instar de Plotin qui considérait que :
"C'est à l'intérieur de soi qu'il faut chercher la présence universelle de l'Un, ... Il n'est, dit Platon, en dehors de rien, mais il est avec tous les êtres, sans qu'ils le sachent. Ce sont eux, en effet, qui fuient hors de lui, ou plutôt hors d'eux-mêmes. Ils ne peuvent donc saisir celui qu'ils ont fui .... Mais celui qui s'est reconnu lui-même saura d'où il vient ...." (cf. Traité 9 - 7, 19 et 8, 3),
furent abandonnées au profit d'explications simples et d'histoires plus ou moins mythiques colportées de génération en génération.
De plus, les monothéistes, de par les pouvoirs considérables qu'ils acquirent, véhiculèrent et dogmatisèrent même, des compréhensions du monde fondamentalement fausses, sans oser l'avouer aujourd'hui.
Avec le pape Innocent III (1160, 1216) la théocratie pontificale atteindra d'ailleurs son apogée.
Celui-ci convaincu que l'univers entier a été confié à Saint-Pierre et à ses successeurs et qu'il a donc le pouvoir de renverser, de détruire, de dissiper, d'édifier ....,
interdira au haut clergé, la recherche des pouvoirs essentiels en s'adonnant à la médecine ; il fera en outre condamner les médecins qui œuvrent sans la présence d'un religieux.
Certains chercheurs, curieux quant aux pouvoirs intériorisés en l'homme, émirent cependant quelques idées à propos des notions d'énergie vitale, de pneuma, d'âme et d'esprit, qui montrent d'ailleurs combien à l'époque, les connaissances étaient primaires et ambiguës.
Citons,
- Léonard de Vinci (1452 - 1519) qui, se référant aux dissections qu'il pratiquait couramment, en viendra à croire que la transformation de l'esprit vital provenant du cœur, en esprit animal, relève de la partie inférieure du cerveau : le rete mirabilis,
- Berengario de Carpi (1460 ? - 1530 ?), de Bologne, qui considérera que l'esprit vital est transformé en esprit animal au contact des sécrétions ventriculaires,
- André Vésale (1514 - 1564), flamand, dit père de l'anatomie moderne, condamné par l'inquisition, qui tentera de montrer que les ventricules cérébraux sont destinés à la conservation des esprits animaux,
- André Césalpin (1519 - 1603), docteur et botaniste italien qui reconnaîtra dans le cœur le siège de l'âme végétative, pour raison que celui-ci est le premier organe qui émerge de l'embryon,
- Van Helmont (1577 - 1644), médecin flamand, qui imaginera une entité immatérielle : l'archée, censée représenter l'âme sensitive en charge de toutes les fonctions du corps ; il la situera même au niveau de l'estomac.
Descartes (1596, 1650), lui aussi, imaginera de multiples opérateurs (pouvoirs) plus ou moins interdépendants :
"... en sorte que, même dans nous, ce n'est pas l'esprit (ou l'âme) qui meut immédiatement les membres extérieurs, mais seulement il peut déterminer le cours de cette liqueur fort subtile, qu'on nomme les esprits animaux, laquelle, coulant continuellement du cœur par le cerveau dans les muscles, est cause de tous les mouvements de nos membres ...
Et lorsque ceux (les individus) qui tombent de haut, présentent leurs mains les premières pour sauver leur tête, ce n'est point par le conseil de leur raison ... "(cf. Quatrième Réponse, 178).
A la lumière de ces quelques citations, nous saisissons l'impact des connaissances dans le raisonnement et ses logiques, donc dans la quête des causes primordiales,
et combien certaines compréhensions erronées du monde condamnent, à jamais, nombre de discours, même énoncés par d'illustres personnages.
En outre et hélas, force est de constater qu'en ce début du troisième millénaire, les chercheurs en sciences de la vie, continuent d'attribuer des pouvoirs créateurs aux multiples structures des êtres : le cerveau, les organes, ..., les cellules, les gènes, ...,
un" simplisme" qui contribue à la non-créativité des actuels philosophes et théologiens !
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Reprenons le cheminement comportemental et intellectuel qui conduisit à la différentiation et à la quantification des pouvoirs, car il est fort instructif.
Il commença selon nous, par la "domestication" du feu, en des temps immémoriaux dès quelque - 450 000 ans, en Bretagne : site de Menez-Dregan à Plouhinec, près de Nice : Terra Amata, en Allemagne : Bilzingsleben, en Hongrie : Vértesszőlős, voire dès - 790 000 ans sur le site du Gesher Benot Ya'aqov au bord du Jourdain ( ?).
L'homme utilisa tout d'abord l'effet dénommé chaleur pour le chauffage durant les périodes froides ; le feu servit ensuite pour la préparation de la nourriture.
Longtemps après, il permit la cuisson des poteries (des poteries chinoises de qualité, datent de plus de 6 000 ans avant J. C.), ..., et la naissance des métallurgies : du cuivre (à partir de -2500 av. J. C.), du bronze, ..., du fer (vers - 1100 av. J. C.).
Corrélativement, les pouvoirs du feu furent reconnus comme relevant d'entités mystérieuses ; ils étaient souvent compris comme purificateurs mais aussi parfois, perçus comme les expressions de forces maléfiques.
Rappeler de manière exhaustive, tous les rites et symboles qui existèrent et existent encore à propos du feu, ne conforterait guère plus notre discours,
depuis les Perses qui saluaient tous les matins le feu du soleil levant,
les prêtresses de Vesta qui entretenaient le feu à Rome, ...,
les Hindous et les Bouddhistes qui pratiquent la crémation des défunts, ...,
en passant par la mythologie gréco-romaine avec notamment Didon, reine légendaire de Carthage, sœur de Pygmalion, qui, amoureuse d'Enée, se consumait de l'intérieur.
En fait, à l'instar des incessantes recherches de la nouveauté qui se déroulent dans nos (les) cellules, c'est le besoin d'œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage, qui incita nos ancêtres à développer les usages du feu, puis beaucoup plus tard, à représenter et à quantifier les pouvoirs inhérents aux phénomènes,
car certes les objets et les phénomènes existent indépendamment des nombres mais ils sont aussi jugés selon leur impact.
Par exemple, la nécessité de gérer le commerce de produits céréaliers en Mésopotamie à la fin du IVe millénaire av. J.-C., conduisit à l'apparition du langage des nombres et à son écriture ; parallèlement furent mesurés les volumes et les poids suivant des grandeurs de références.
C'est pourquoi les balances avaient déjà cours dans l'antiquité sans que l'on sache, évidemment, qu'elles permettent de comparer des "moments de forces".
Par la suite,
depuis Gilles Personne (1602, 1675), habitant de Roberval, qui révolutionna le pesage en ayant l'idée de poser les plateaux au-dessus du fléau et non en dessous,
la mesure des poids ne cessa d'être améliorée.
Autre exemple de quantification, le premier thermomètre qui donnait une lecture claire, fut inventé en 1654 par le grand duc de Toscane ; c'était un tube scellé avec un bulbe, qui fonctionnait à alcool et comportait 50 graduations.
Ce furent ensuite Gabriel Fahrenheit (1686-1736) qui, en 1717, remplaça l'alcool par du mercure et fit correspondre la numérotation 32 de sa plage de référence (32°F), à la température de la glace fondante,
et Anders Celsius (1701-1744) et Carl von Linné (1707-1778) qui, en 1742/1745, définirent un nouveau thermomètre à mercure marquant 0° pour la glace fondante et 100° pour l'eau bouillante au niveau de la mer.
Les pouvoirs inhérents aux objets et aux phénomènes (leur impact) étant de plus en plus formalisés par des symboles et quantifiés par des appareils de mesure, de multiples théories fleurirent alors.
Parmi les plus remarquables citons celles qui constituent la "thermodynamique" et qui conduisirent à la notion d'entropie, ne serait-ce que parce que ce concept est actuellement un "passe-partout" qui joue un rôle excessif dans la compréhension de la dynamique universelle.
Bref historique
Rudolf Clausius (physicien allemand - 1822, 1888) fut le premier à définir et à introduire la notion d'entropie "q/T" ("T" étant la température absolue et "q" l'énergie calorifique), en thermodynamique,
cette science fondée par Sadi Carnot (1796,1832) qui traite des relations entre les énergies mécanique et thermique.
Ainsi, par le biais de spéculations mathématiques, nous savons que l'entropie d'un système isolé, c'est à dire l'entropie d'un ensemble n'échangeant strictement rien avec son environnement, ne peut que croître.
Cette conclusion singulière, relevant d'une hypothèse hautement théorique, ne peut cependant être généralisée, ex-abrupto, à l'ensemble des formes d'énergie, car il n'existe pas de système isolé dans l'univers.
Songez aux incessantes interactions des êtres avec la biomasse, et avec leur environnement lointain par le biais de leur "enracinement" quantique.
D'autre part, qu'en est-il des relations entre l'Indifférencié d'où sourdent les évènements quantiques (l'Energie universelle dont tous les scientifiques parlent sans en rien connaître),
et le réel ?,
un thème riche d'enseignements philosophiques et théologiques qui sera développé ultérieurement.
Gardons-nous donc des postulats auxquels s'accroche actuellement l'intelligentsia :
- l'entropie de l'univers augmente,
- l'entropie est une mesure physique du désordre.
Le désordre et le chaos n'ont pas place dans l'univers, Boltzmann (1844 - 1906) nous excusera.
Le pressentiment que nous en avons et les formalisations scientifiques qui les expriment, sont des mesures de notre ignorance !
Cependant, bien que l'entropie ne soit pas représentative d'un désordre universel,
elle traduit l'irréversibilité de certaines évolutions et d'un point de vue philosophique, atteste le respect immuable de directions (le respect du "directif").
- la néguentropie (qui se définit comme l'inverse de l'entropie) est une mesure de l'information,
même une mesure de la quantité d'information.
N'oublions pas que le transfert et la reconnaissance de toute information, nécessitent,
- d'une part, des mémoires et des vecteurs du "sens", certaines ondes électromagnétiques en étant les vecteurs primordiaux,
- d'autre part, l'interprétation, une faculté qui est d'ordre transcendant (qui n'est pas de l'ordre physique des énergies).
Gardons-nous également des discours ambigus qui glissent allègrement, des lois entropiques au principe anthropique postulé être à l'origine de la diversité des espèces, voire à l'origine de la variété des attitudes humaines et des croyances.
A propos du principe anthropique citons deux compréhensions en vogue :
- tout d'abord celle qui prête à sourire tant elle est évidente, et selon laquelle nos capacités d'observation sont, et doivent être en adéquation avec ce que nous pouvons observer,
- puis celle qui considère l'univers comme structuré pour permettre l'existence d'observateurs.
En fait, la pérennité de sa dynamique évolutive nécessite impérieusement des pôles extrêmement performants de mémorisation et de recherche de la nouveauté comme le sont les hommes sur terre ; rappelons les extraordinaires activités de création et de transmission du sens qui se déroulent dans nos cellules jusqu'au niveau quantique, et donc qui intéressent pour le moins, le proche univers.
Quant à l'univers, insistons encore, il n'est pas dirigé par des lois, fussent-elles universelles ; les lois ne sont pas des opérateurs qui peuvent reconnaître, juger, ..., décider !
De même, épiloguer sur les constantes universelles qui caractérisent les évolutions, en faisant valoir que si elles avaient été différentes, la vie n'aurait pu apparaître, n'est guère sérieux.
L'extrême diversité de l'univers atteste de voies évolutives possibles et de contraintes immuables ; il en est ainsi et il ne peut en être autrement !
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