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Le cheminement intellectuel des penseurs antiques grecs (le développement et la complexification de leur domaine de l'abstraction) permit aussi l'ébauche de la connaissance du "comportement" des choses notamment avec Archimède de Syracuse (- 287 ?, - 212) qui, avant que la notion de force soit clairement exprimée, mit en évidence l'influence du volume et de la densité des objets lors de leur immersion dans l'eau (poussée d'Archimède) et l'importance du bras de levier lorsqu'il s'agit de soulever un corps.
Cependant,
même avec Simon Stevin (1548 ? - 1620), savant flamand qui montra que l'action d'un liquide dans un récipient (ce que nous appelons la pression) dépend seulement de la hauteur du liquide dans celui-ci et non de ses formes,
et Galilée (1564, 1642), qui commença à répondre aux problématiques posées par la "situation d'un objet" sur un plan incliné, et par la chute des corps,
la nature et la spécificité des forces demeuraient un mystère.
Ce mystère commença à se dissiper avec Isaac Newton (1643, 1727) ; en effet, dans ses Principes mathématiques de philosophie naturelle (Philosophiae Naturalis Principia Mathematica - 1687), ce savant présenta les premières lois du mouvement de la mécanique classique, selon lesquelles par rapport à un système de référence :
- le comportement d'un objet, en repos ou en mouvement rectiligne uniforme, persiste tant que la somme des forces extérieures appliquées sur lui, est nulle,
- l'application d'une force "F" modifie le comportement d'un objet dans le temps, suivant une grandeur mesurable : l'accélération "γ", de telle sorte que F = mγ , m étant la masse déplacée,
- il y a toujours action et réaction, c'est à dire qu'à chaque force correspond une force égale et opposée.
Corrélativement, Gottfried Leibniz (1646, 1716) théorisa à propos d'un pouvoir singulier : la "force vive" (vis viva) de valeur mv² qui était le double de ce que nous appelons aujourd'hui l'énergie cinétique (quantité de travail nécessaire pour qu'un objet au repos puisse acquérir un mouvement de translation ou de rotation).
Beaucoup plus tard, en 1905,
prenant en compte les équations de transformation de Lorentz (1853, 1928) :
et 
où, v est la vitesse d'un corps, t est le temps et c la vitesse limite reconnue à la lumière (300.000 km/s),
Einstein (1879, 1955) postula :
"l'énergie E d'un point matériel de masse m n'est pas donnée par l'équation : mv²/2,
mais par : mc²/(1 - v²/c²)½ ",
ou, lorsque cette expression est développée en série, par : mc² + mv²/2 + m(3/8)(v²/c)² + ...
Le troisième terme de la série et ceux qui suivent étant très petits (négligeables), il ne demeure donc que :
- mc² représentatif de l'énergie intrinsèque qui caractérise un corps de masse m, puisque mc² est indépendant de la vitesse,
- et mv²/2, équation de l'énergie cinétique utilisée en mécanique classique.
A l’équation désormais classique E = mc² nous préférons cependant l’équation E ↔ mc² qui permet de mieux exprimer le passage de l’état d’énergie physique potentielle à l’état d’énergie physique matérialisée, et vice-versa.
Quid de E, cette énergie primordiale, intemporelle et sans dimension qui permet, en permanence, de régénérer le monde ?
La masse noire de l'univers (l'énergie obscure) en est-elle une expression singulière ?
L'équation E = mc² ignore également (cela vaut d'ailleurs pour tous les discours) l'entité créatrice, d'ordre transcendant et maître du sens, qui, utilisant des lettres, des chiffres, ..., et des repères de valeur, formalise, tout en se reconnaissant sous le couvert du moi (je, ego, sujet, esprit).
Cela n'a guère gêné, ne gêne guère les physiciens, nous l'admettons ; mais en ce qui concerne les philosophes et les théologiens ?!
Quant au temps, il n'est pas une quatrième dimension de l'univers parce que nous pouvons l'exprimer et l'exploiter sur un axe vectoriel "t", comme le donnent à croire les équations de Lorentz et la théorie de la relativité restreinte.
Le temps est un moyen transcendant universel (une potentialité) qui permet d'intégrer les évolutions de l'univers dans des chronologies rigoureuses ; lorsque cette potentialité est actualisée (matérialisée par un opérateur, nous-mêmes par exemple), elle devient un temps réel et singulier (un temps propre), plus précisément, elle devient un ensemble de durées, ces d'intervalles qui ne sont pas de l'espace.
Ainsi, le temps universel ne connaît aucune dimension ; il n'a ni commencement ni fin ; son ordre est autre que celui de l'espace et ses liens avec les choses sont des liens d'implication.
Cette (notre) compréhension du temps permet dès lors de lever l'hypothèque majeure qui conditionne et affecte les équations de Lorentz et d'Einstein ; il s'agit de la vitesse limite reconnue à la lumière,
vitesse limite qui ne permet pas de répondre à la problématique posée par les interactions instantanées entre les particules quantiques séparées, voire très éloignées (expériences : EPR, et de Alain Aspect).
En effet, notre compréhension conduit à donner un nouveau contenu à la notion d'instantanéité et ainsi à mieux l'admettre.
Selon nous, ce qui est instantané n'appartient pas au monde du réel mais lui est associé par des liens d'implication ; par exemple, l'instantanéité participe du domaine transcendant de l'abstraction où cohabitent le passé, le moment présent sans durée, et le futur.
D'ailleurs, les forces universelles qui sont postulées émaner des choses, résident elles aussi, à l'état potentiel, en tout point de l'univers, dans un domaine transcendant associé à l'espace qui contient le réel,
Or ce domaine est inconnu des scientifiques, des philosophes et des théologiens ; nous avons donc dû le dénommer en proposant un nouveau vocable : spacimplicatio résultant de la contraction des mots latins : spatium signifiant étendue indéterminée et implicatio exprimant l'acte par lequel une entité créatrice, un pouvoir créateur s'implique.
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Il fallut néanmoins attendre la fin du XXème siècle pour que les scientifiques, avec les extraordinaires moyens expérimentaux qui permettent de pénétrer jusqu'au tréfonds de la matière, puissent vraiment découvrir et formaliser l'extrême variété des forces et des énergies.
Souvenons-nous.
Bien avant notre ère, les Perses utilisaient la force des courants d'eau c'est à dire l'énergie hydraulique dans des norias qui servaient à irriguer leurs terres.
L'utilisation de la force du vent (l'énergie éolienne) date probablement de - 3.000 ans, avec les premiers bateaux à voile ; quant aux moulins à vent, ils apparurent chez les Perses, deux siècles avant J. C., mais ce n'est qu'au XIVème siècle, qu'ils fleurirent en Hollande.
Désormais il est admis que les forces dans la matière sont essentiellement exprimées par quatre types d'interactions :
électrostatique, gravitationnelle, interaction forte (force nucléaire qui permet la cohésion des protons et des neutrons dans les noyaux atomiques) et interaction faible (force ou vecteur ?) qui permettrait d'échanger de l'énergie.
Mais il existe aussi d'autres types de forces comme les forces de pression, de frottement, élastiques, ...,
sans oublier les forces psychiques chères aux neurobiologistes.
Ajoutons que les forces ne sont pas perceptibles en elles-mêmes, mais sont imaginées selon leurs effets,
et rappelons que les forces existent à l'état potentiel en tout point de l'univers, et sont "actualisées" en fonction des nécessités que requiert la dynamique des phénomènes.
De même,
l'énergie peut être actualisée (matérialisée) sous différents états, néanmoins ceux-ci sont interdépendants.
Ainsi, de l'énergie chimique présente dans un carburant, est transformée en énergie mécanique et en énergie thermique dans un moteur à explosion,
une interdépendance qui, comme nous l'avons spécifié précédemment, est formalisée par des lois de la thermodynamique.
Par le biais d'énergie électrique on peut également électrolyser des solutions aqueuses pour produire de l'énergie chimique ; on peut aussi stocker de l'énergie électrique sous forme d'énergie chimique dans les accumulateurs.
Pour l'histoire, ce fut le physicien français Edmond Becquerel (1820, 1891), qui découvrit l'effet photovoltaïque (la transformation partielle de la lumière du soleil en énergie électrique), en 1839.
Cependant, la découverte de la radioactivité naturelle par Henri Becquerel (1852, 1908), en 1896,
plus précisément, la découverte de l'émission spontanée, sans apport d'énergie extérieure, de radiations par une substance inerte,
est celle qui ouvrit la voie à d'autres connaissances et exploitations plus subtiles de l'énergie.
Cependant l'énergie nucléaire de fission dégagée par la désintégration du noyau de certains atomes instables, ne fut vraiment utilisée qu'à partir des années 1950, dans des centrales atomiques pour produire de l'électricité.
Actuellement, de nouveaux types de réacteurs produisant à la fois de l'énergie thermique et plus de matières fissiles qu'ils n'en consomment en transmutant des matières dites fertiles comme l'uranium 238 et le thorium (trois fois plus abondant que l'uranium),
sont à l'étude.
Ces surgénérateurs dont l'approvisionnement en combustible serait alors garanti pour des milliers d'années, seront-ils prochainement adoptés ?
La question reste posée car tous les problèmes inhérents à la sécurité de leur fonctionnement, ne sont pas résolus.
Quant à l'utilisation pacifique de la fusion nucléaire qui permet l'énergie des étoiles, mais aussi qui caractérise la bombe H (la bombe à hydrogène),
c'est-à-dire l'utilisation du processus par lequel des noyaux atomiques s'assemblent pour former des noyaux plus lourds en dégageant énormément d'énergie,
selon nous, une belle utopie.
Hélas, ignorant dans leurs discours les causes primordiales de ces nombreuses forces et énergies, notamment psychiques, les philosophes (et les théologiens) se sont murés dans un silence pesant sous le couvert d'une non créativité criante, si l'on se réfère à l'extraordinaire productivité des scientifiques ; ils ont ainsi laissé éclore et fleurir de multiples entités soit disant opératrices (pouvoirs).
Nous citerons bien évidemment les lois universelles et les principes qui, unanimement ou presque, sont reconnus diriger le monde !
Or dans l'univers, fruit d'incessantes créations et de continuels recommencements, s'il existe des comportements immuables et des voies d'évolution spécifiques que nous pouvons, en partie, représenter par des lois, ne signifie aucunement que celles-ci dirigent le monde ; d'ailleurs, répétons-nous, les lois, même universelles, n'ont pas le pouvoir de reconnaître, de juger, de choisir, ..., et de décider.
Autres entités qui sont dites opératrices : le cerveau, ..., les cellules, ..., les gènes, plus de cinquante espèces répertoriées dans les livres spécialisés en sciences de la vie :
gène architecte qui contrôle le développement embryonnaire, ..., gène rapporteur qui code les substances, ..., gène régulateur qui contrôle le taux de synthèse des produits d'un ou de plusieurs autres gènes, ..., gène suppresseur de tumeur qui règle la croissance cellulaire, ...
Mais, du point de vue philosophique, les gènes, comme tout organe, ne font rien ; ils permettent de faire, nuance !
Fi donc de tous ces "petits pouvoirs" qui masquent les causes primordiales ; gardons-nous également des circonvolutions phraseuses autour du hasard et du chaos ne serait-ce que parce que dans l'univers il y a en permanence : ordre, particulièrement en tout point de celui-ci, il y a respect de directions (de repères de valeur) et de temporalités (de durées, ces intervalles qui ne sont pas de l'espace mais d'ordre transcendant).
Nous devons ainsi repenser, les notions de pouvoir, de force, d'énergie et de matière en tenant compte des connaissances modernes, tout en leur associant certains concepts révolutionnaires et tabous pour (de) l'intelligentsia actuelle, comme ceux d'ordre transcendant et d'au-delà transcendant.
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