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Concluons en essayant de "cerner" le Pouvoir unitaire dont relève l'entité créatrice non omnipotente qui, conduisant l'univers, se singularise en chaque être et se reconnaît en l'homme, sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).
La problématique posée par la création et la conduite de l'univers est fort ancienne, nous le savons ; quant aux réponses apportées, elles furent bien évidemment exprimées en fonction des connaissances qui prévalaient ; ainsi :
- Platon différenciait nettement le monde sensible perçu par les sens, de celui révélé par ce qui est intelligible à tout humain quelle que soit sa culture, c'est à dire par ce qui est exprimé avec les idées en général, le beau et le bien en particulier.
Pour cet illustre ancêtre, les idées sont les causes de toute chose, et considérer le beau comme cause de la beauté revient à dire que les belles choses imitent l'idée du beau.
- Aristote pensait que la dynamique du monde présuppose une cause efficiente : un moteur, et une raison, un but final : le bien :
"Il y a donc aussi quelque chose qui le meut (le premier ciel qui est source du mouvement dans l'univers) et, puisque ce qui est mû et meut sont associés, il doit y avoir quelque chose qui meut sans être mû ..." (cf. Métaphysique - 1072, a 21).
- Quant à Plotin, il était convaincu que :
"S'il y a quelque chose d'antérieur à l'énergie qui est donnée, ce quelque chose transcende donc cette énergie et par conséquent transcende aussi la vie.",
" Mais de l'Un qui est le Bien, vient pour l'Esprit le Plusieurs. Car la puissance qu'il avait reçue, il n'a pu la retenir : il l'a donc fragmentée et, cette puissance, il l'a faite plusieurs ..."(cf. Traité 38 - 17, 10 - 15, 20).
Evidemment, l'univers n'est pas conduit par des lois et des principes, mais par un Pouvoir créateur.
C'est pourquoi,
après avoir étudié les horizons de transcendance imaginés par Platon, Aristote et Plotin,
après avoir constaté que dans l'univers, il y a en permanence prise en compte de repères de valeur, notamment de durées ces intervalles qui ne sont pas de l'espace,
par analogie avec l'Energie universelle, ce Pouvoir unitaire de la matérialité,
nous postulons avec assurance, le "réalisme" d'un Pouvoir unitaire de la spiritualité, c'est-à-dire l'existence d'un Pouvoir unitaire de caractère divin, essence et source de l'Entité créatrice impliquée dans le monde.
En ce début de troisième millénaire, les connaissances scientifiques et la maturation de pressentiments, de concepts et de logiques, ouvrent donc sur des cheminements intellectuels quasiment vierges d'investigations,
des cheminements originaux qui permettent notamment de découvrir qu'en tout homme, en tout être, en tout état du réel, cohabitent, potentiel et actualisé, physique et transcendant, temporel et éternel, attestant ainsi que l'univers est en relation permanente avec deux pouvoirs sans dimension, c'est à dire en relation avec deux sources mères éternelles.
Quelles sont les relations, plus exactement, les interactions entre ces deux sans forme, ces deux Unitaires, et l'univers ?
Là aussi, nous nous garderons de répondre mais rappellerons que quelques interactions physiques sont accessibles à l'expérimentation ; ce sont celles qui alimentent le discours scientifique,
et que d'autres plus subtiles, exprimées par les êtres évolués, attestent l'existence de liens abstraits et la prise en compte de références labellisées par le concept : "valeurs morales".
Sachant qu'il n'y a pas d'abysse structurel entre la matière inerte et la matière animée, nous imaginons aussi volontiers, des similitudes entre les forces physiques et les liens abstraits inhérents au domaine de l'abstraction,
ces liens qui permettent l'élaboration, la cohérence et l'adéquation avec le réel des constructions virtuelles (imageries cérébrales, concepts, ..., idées, ...),
ces liens dont les logiques sont les expressions singulières.
Paul Moyne
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