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Synthèse pour conclure
Puisque la matière est vecteur de sens,
sachant que les molécules carbonées constituent le fondement de tous les êtres et que d'incessantes activités de mémorisation, de transmissions d'informations et d'organisations de processus se déroulent dans les cellules,
nous postulons, avec assurance, que ce furent des développements fiables de "capacités mémoire" résultant de complexifications successives de molécules carbonées qui,
conduisant à des accroissements substantiels d'informations et d'organisations de processus dans de la matière spécifique contenant ces molécules et de l'eau,
permirent l'apparition de la vie.
Selon nous, le phénomène de la vie est ainsi une potentialité universelle inexorablement actualisée si les conditions d'état d'une planète sont adéquates.
En outre, compte tenu du nombre extrême de planètes dans le cosmos (supérieur à 10 puissance 23) et puisque nous sommes animés par une entité créatrice d'ordre transcendant c'est-à-dire dont la nature, l'essence est hors du temps,
nous pouvons raisonnablement croire que l'univers est éternel et que des êtres aussi évolués que nous, ont existé, existent, existeront dans le monde.
Quant aux évolutions des espèces, manifestement elles sont plus que des adaptations à l'environnement ; elles sont en premier lieu les fruits d'incessantes activités de création qui nécessitent de permanentes recherches de la nouveauté dans les cellules et se traduisent généralement, par des accroissements de complexité,
généralement car parfois, là aussi, des contraintes universelles ne peuvent être surmontées, comme le montrent les voies évolutives sans issue (les voies mortes) et les voies évolutives mineures ; parmi ces contraintes citons :
- la contrainte de type relativiste, qui nous conduit à juger et à choisir en fonction de critères de valeur constitués d'antonymes : positif - négatif, ..., vrai - faux, ..., juste - injuste, bien - mal.
- les pertes inéluctables d'informations qui affectent les perceptions, quelles qu'elles soient, lors de la traversée des organes sensoriels.
- les latences qui caractérisent les évolutions du phénomène de la vie et corrélativement, celles du psychisme.
- le caractère sacrificiel de la dynamique universelle.
Nous pouvons même dire que l'existence d'un individu, impose d'incessantes activités de création, des conflits permanents et des mises à mort nécessaires,
quelle mystérieuse gageure !
D'ailleurs, les complexifications et les "massifications" à l'extrême ne sont pas possibles, tandis qu'impérativement, il doit y avoir maintien d'équilibres pour assurer la cohérence du réel et d'incessantes ruptures d'équilibres sinon le monde serait pour toujours immobile.
Que présuppose l'impérieuse et universelle nécessité de créer ?
Pourquoi ces continuels renouvellements et ces créations incessantes dans ce monde éternel ?,
telle est bien l'interrogation essentielle dont les réponses conditionnent la compréhension du sens de la vie.
Une création nécessite de la matière et des énergies, ce qui n'est pas si banal qu'il parait ne serait-ce que parce que la matière n'est autre que de l'énergie massifiée, et que l'énergie est aussi "présente" sous diverses formes interdépendantes (thermique, mécanique, électrique, magnétique, cinétique, ...).
En outre, pour l'esprit en quête des causes primordiales, une création, quelle qu'elle soit, présuppose, une entité créatrice ayant les pouvoirs et les facultés qui permettent de reconnaître, de juger dans le cadre de repères de valeur, de choisir,..., de décider et d'agir.
Voici un panel d'informations et de conditions, rarement, voire jamais débattu dans sa globalité, qui ne peut être ignoré des philosophes et des théologiens !
Considérons le concept énergie.
Censé représenter des pouvoirs, soit physiques, soit psychiques, il est aussi associé aux multiples types de forces qui permettent d'assurer la cohérence des créations.
Or, les incitations et les énergies psychiques corrélatives ne relèvent pas de l'Energie universelle, mais d'un ordre autre que celui : physique qui caractérise la matière ; nous les reconnaissons dès lors comme les états actualisés d'une énergie potentielle spécifique inhérente à l'ordre transcendant précédemment cité,
une énergie qui permet notamment la dynamique évolutive du phénomène de la vie.
Nous comprenons mieux ainsi pourquoi une force psychique, en particulier morale, ne peut se transformer en force physique, mais a néanmoins besoin de structures biologiques pour être actualisée (pour être exprimée), et ipso facto, à besoin des forces physiques qui permettent la constitution et la dynamique de ces structures.
On ne peut donc, par exemple, parler d'énergie de la pensée comme si cette dernière était un "opérateur" qui agit pour des raisons, des motifs, des buts, ..., ou comme si la pensée était un "réservoir d'énergie" ; nous développons, par le moyen du cerveau, des activités d'ordre transcendant qui permettent des constructions abstraites (mentales) comme les imageries virtuelles du monde, les concepts, les pensées, ..., nuance !
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A vrai dire, la problématique posée par l'unicité et la multiplicité des pouvoirs hantait déjà d'illustres ancêtres :
"Toutes choses sont autour du Roi de toutes choses et c'est à cause de lui que sont toutes choses. Platon désigne par toutes choses les êtres et il ajoute : à cause de lui, puisqu'il est cause de leur être et qu'en quelque sorte il est l'objet de leur désir, lui qui est différent de toutes choses et qui n'a rien de ce qui leur appartient. Car il n'y aurait plus de : toutes choses, si quelqu'une des choses qui sont après lui, lui appartenait. Si donc l'Esprit fait partie de toute chose, l'Esprit n'appartient pas au Roi de toutes choses.",
"Mais de l'Un qui est le Bien, vient pour l'Esprit le Plusieurs. Car la puissance qu'il avait reçue, il n'a pu la retenir : il l'a donc fragmentée et, cette puissance, il l'a faite plusieurs, elle qui était une, afin de pouvoir la supporter partie pour partie."(cf. Plotin - Traité 38 - 42, 10 - 15, 20).
Or cette problématique est toujours d'actualité ; comment en effet, concevoir une unicité dans les créations qui permettent d'établir l'univers dans sa dynamique et sa diversité, notamment puisque au sein du phénomène de la vie, celles-ci sont myriades et concernent des multitudes d'êtres ?
Par bonheur, il est désormais raisonnable et crédible de reconnaître une première unicité en l'énergie universelle cette source mère, intemporelle et sans dimension, dont découlent les énergies physiques classiques et les innombrables états de la matière ; précédemment, nous avons abondamment développé ce thème.
Une seconde unicité réside selon nous, dans l'essence, dans la nature primordiale de l'entité créatrice qui singularise chaque être et se reconnaît en et par l'homme, sous le couvert du je (moi, ego, sujet, esprit).
Quid de cette mystérieuse entité créatrice ignorée par l'intelligentsia ?
Nous la postulons de caractère divin puisqu'elle est d'ordre transcendant,
et non omnipotente puisqu'en nous, elle est notamment obligée d'œuvrer pour savoir et de chercher pour savoir davantage.
D'où émane-t-elle, quel est sa source mère ?
Nous ne pouvons raisonner que par analogie avec les énergies physiques et c'est pourquoi nous la considérons dépendre d'une mystérieuse et spécifique Infinitude intemporelle que nous dénommons le Pouvoir unitaire de la spiritualité.
Nous croyons ainsi en deux Sources éternelles de la réalité, deux substratums du monde, deux domaines sans structure interne, sans dimension, hors du temps, c'est-à-dire deux Pouvoirs unitaires antérieurs au "Tout sensible",
- l'un attesté par l'énergie universelle,
- l'autre censé exprimer l'état primordial du "Divin" avant que celui-ci ne s'implique dans l'univers pour en conduire la dynamique évolutive.
Souvenons-nous alors de la quête de l'Un par Platon :
"Parménide : En effet, l'Un nous l'avons vu je crois, se trouve être en lui-même comme dans un tout.
Jeune Aristote : C'est juste.
Parménide : L'Un ne se trouve-t-il pas aussi dans les autres choses ?
Jeune Aristote : Oui.
Parménide : Par conséquent, dans la mesure même où il se trouve dans les autres choses, il sera en contact avec les autres choses ; et dans la mesure où il se trouve en lui-même, le contact avec les autres choses lui sera interdit, et c'est avec lui-même qu'il sera en contact, étant donné qu'il se trouve en lui-même.
Jeune Aristote : Apparemment.
Parménide : Ainsi donc l'Un sera en contact aussi bien avec lui-même qu'avec les autres choses.
Jeune Aristote : Il le sera." (cf. Parménide - 148 d,e).
Où demeure l'Un et de quelle manière est-il en contact avec lui-même et avec le monde ?
Insondable mystère !
Souvenons-nous également de Septimius Tertullien (155 ? , 220 ?) prônant :
"Dieu est le créateur et pourtant Il n'est pas seul".
La cohérence de la dynamique universelle malgré le caractère sacrificiel du monde, et la non omnipotence du "Divin", nous incitent en outre, à postuler, par nécessité, un Pouvoir absolu, une omnipotence que nous baptisons "Transcendant Suprême".
Hélas, ce Transcendant Suprême, ce Dieu, demeure inaccessible !
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Néanmoins, que pouvons-nous dire à propos du sens de l'existence ?,
pourquoi l'homme, et plus généralement pourquoi des êtres dotés d'un état de conscience ?
La réponse présuppose la prise en compte de notre zone d'influence ; ainsi, de par son enracinement quantique puisque sans cesse reconstruit à l'aide de particules atomiques vecteurs de "sens", l'homme est un extraordinaire pôle d'activités transcendantes intéressant le fondement du monde, de telle sorte qu'il participe, à son insu certes, à la dynamique universelle.
Nous sommes d'ailleurs convaincus que nous évoluons dans un cybermonde éternel, fruit d'incessantes créations et de continuels renouvellements,
et aimons paraphraser Descartes par cette autre formule lapidaire :
Cogito ergo mundus vivit (je pense donc le monde vit).
L'homme n'est donc point une créature unique dans l'univers, ayant comme finalité l'adoration de Dieu,
et le sens de la vie humaine ne s'exprime pas uniquement par le pouvoir d'agir de manière consciente.
Une compréhension que nous exprimons volontiers par l'interrogation- réponse :
l'homme nécessité divine plutôt que projet spécifique de Dieu, sur notre terre ?!
Paul Moyne
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